Forum futuriste de vampires, humains, goules, metamorphes et humains à dons axé autour d'une guerre inter-race et d'un fléau qu'est le Lacrimosa au sein de la ville de Pandémonium.



[Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]

Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Dim 30 Avr - 20:45


Sur les longs bancs circulaires de pierre blanche, le gratin de Pandémonium ne portait pas de toges. Les coutumes de l'endroit tenaient de la surréaliste capacité des êtres humains à se convaincre qu'ils naissaient et vivaient libres et égaux en droits. Des femmes et des hommes s'alignaient sur quatre étages, le visage masqué par un carcan de métal imitant un visage. A l'abri derrière ces faciès figés, les orateurs se levaient, s'invectivaient tour à tour. A l'origine, la Cour avait rendu les masques obligatoires pour garantir un anonymat. Plus le temps allait, et moins ces directives avaient de sens. D'un coup d'oeil depuis les nasses maintenues à différentes hauteurs par des poulies mécaniques, Quon reconnaissait d'un regard l'identité des différents intervenants.

L'un des membres des Orateurs avaient même eu le culot de faire nommer un Manticore. On n'entrait pas dans le cercle sans recommandation, vote du reste des membres, et quantité de pots de vin. Certains prétendaient que le Manticore savait assez pour faire condamner le membre responsable de son entrée. La façon manifeste qu'il avait de l'ignorer et se placer le plus loin possible de lui, engoncé dans un vêtement aussi étriqué que ridicule avec sa bedaine lui soufflait qu'ils étaient bêtement amants. Cet imbécile pensait offrir une vie meilleure à son esclave. Par culpabilité, miséricorde ou acte de foi.

L'Originel croisa les jambes sur son siège. Son rang social lui accordait une nasse à trois mètres au-dessus du sol. Elles se répartissaient de bas en haut, à l'inverse de l'influence de chacun. De cette façon, les membres les plus influents de Pandémonium étaient visibles de tous, et il fallait une sacrée dose de courage et de maîtrise pour accepter d'être suspendu à plus de neuf mètres au-dessus du sol. Les plus démunis devaient luter deux heures contre la peur du vide, et la vision de près du plafond décrépi où tanguaient les poulies sensées les retenir.

A l'origine, les positions étaient inversées. Après qu'une chute de plus de neuf mètres fût fatale à cinq membres des Vacaresco, il fut décider que la plèbe manquerait moins à la Cour que les économistes, juristes et autres influents membres de la société.

Quon était assis bien droit sur son siège, et pourtant il s'ennuyait ferme. Il avait amené avec lui deux de ses infants. Un frère et une sœur, qui avaient grossis ses rangs simultanément. Ils étaient jeunes, inexpérimentés, et avaient supplié leur géniteur de les laisser accompagner l'immortel à une réception officielle. Quon appréciait foncièrement tous ceux de sa lignée, mais Rodrigue et ses mâchoires particulièrement avancées avaient rebuté toute envie de les inviter en soirée mondaine. Il avait beau être un cavalier habitué, il ne conviait pas de chevaux à s'asseoir sur ses canapés.

La séance avait assez peu d'intérêt. Le Manticore déblatérait sans fin sur la nécessité d'accorder légalement aux siens un enclos d'un minimum de neuf mètres carrés et de leur garantir trois repas par jour. Le sourire ironique mordit ses joues lorsqu'il pensa à la tête que tirerait ce garçon en mettant un pied dans sa Ménagerie.

Leïla : Il y a quelque chose, Père ?

Rodrigue lui planta les ongles dans la cuisse, lui tirant un couinement. Le bruit ténu attira quelques regards depuis le cercle. Le sculptural Baron Rouge posa sa moue caressante sur l'orateur, qui s'interrompit une seconde. Il ignorait s'il connaissait ce Manticore - il en voyait tellement, et ils se ressemblaient tous de toute façon - mais celui-ci avait manifestement entendu parler de lui. Ses longs cils balayèrent son regard, et il toisa celui qui l'avait fait entrer au cercle.

Une seconde. Juste le temps de laisser le doute s'installer, avant de se désintéresser de la scène avec un flegme évident.

La séance se termina, et les nasses les plus basses furent descendues en priorité. Le cérémonial de la fin de rencontre évitait ainsi aux bourses influentes de côtoyer les indésirables indigents.

Anonyme : Sire ! Master Peacock !

Ce qui, malheureusement, ne lui épargnait pas les mondanités futiles.

Le vampire s'arrêta, ses infants passant dans son dos tandis qu'il se tournait pour faire face à... un Cadutie. Un Vacaresco qu'il avait rencontré à trois reprises, adepte des garçons couverts de taches de son. Il avait fourni à sa sauterie une brochette de jeunes gens pâles et nécessiteux et les avait retrouvés ecchymosés, saignés et endoloris. Un Cadutie guerrier, il l'avait appris bien plus tard, qui lui adressait en l'alpaguant le doigt d'honneur le plus odieux en public.

Sans se départir de son flegme silencieux, le vampire observa l'entourage de l'importun. Inconnu. Inconnue. Fye. Père de Fye. Il s'attarda suffisamment sur chacun d'eux pour calmer la brusque contraction de sa poitrine aux retrouvailles inattendues de son Cadutie.

Quon : Monsieur Merkelová. Si j'avais pu penser que vous vous intéressiez à la cause Manticore, je vous aurais convié à la Ménagerie.

L'insulte était piquante, mais cordiale. Il sentit Rodrigue et Leïla se tortiller dans son dos. Sans un regard pour ses infants, le vampire tendit sa main froide aux différents membres de la famille. Il avait capturé et transformé Grigore Merkelová des années auparavant, ils n'étaient plus à une remarque cuisante près pour se saluer.

Quon : Et c'est votre fils ? Jules, c'est bien ça ? Les enfants grandissent si vite.

La pupille de l'originel se dilata sous la brève excitation qui courut le long de sa colonne vertébrale. Il se tourna d'un quart, tendit le bras vers ses patauds nouveaux nés.

Quon : Voici les nouveaux venus de ma lignée. Leïla et Rodrigue Trevert.

Il se comportait avec la tranquillité d'un père de famille en vacances sur un bord de mer quelconque. Après tout, qu'avait-il à craindre d'une bande de nobliots au milieu d'un espace public ?



_________________


Dernière édition par Quon Peacock le Lun 1 Mai - 22:52, édité 1 fois
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 1:14
Insulte et politesse
Sean Merkelovà. Homme d’une quarantaine d'années à la tête d’une grosse compagnie d'électronique. Peu engagé dans la politique, il ne s’y intéresse que lorsque le sujet pourrait menacer sa situation privilégiée. Ou élever celle d’un autre qu’il ne considère pas le mériter. En partie à cause de ça, Fye ne le supporte pas et en est même venu à le mépriser.

Et parce que c’est son père.

Se rendre à l’Agora n’est pas dans les habitudes de Fye. Et il aurait même plus tendance à le fuir comme la peste. Les mondanités ne sont pas sa tasse de thé et il aurait plus tendance à s’étouffer avec qu’à les savourés. Pour la politique c’est encore pire. Les revendications du Manticore qui s’époumone à tenter de faire changer d’avis un groupe qui le méprise jusqu’à sa simple existence ne l’intéresse que très peu. Pour ne pas dire pas du tout. Tout ce qui l’intéresse, c’est sa situation et celle de ses amis. Les autres, il n’en a rien à faire et comme il ne compte pas de Manticore de ceux-là, il en vient rapidement à se perdre dans ses pensées.

Sa présence ici est dû à un message de la part de son père lui annonçant qu’une excellente nouvelle venait de lui arriver, et que Fye devait absolument l’entendre de vive voix. Ce genre de message ne présage souvent rien de bon pour le Cadutie et il s’était empressé de se rendre au rendez-vous indiqué. Il mit cependant un point d’honneur à apporter sa touche personnelle à la rencontre. Même à vingt ans, Fye continue à parsemer ses relations avec son paternel de petits détails qui le fera rougir de colère et de honte. Pour cette occasion, il s’est contenté de se vêtir de manière sobre. Jean noir, pull noir, gilet noir. À ceci près que le pull a un col assez large pour révéler de fines cicatrice blanches de morsures à qui ose porter son regard sur sa peau pâle. D’autant plus que l’une d’elle est encore légèrement colorée et est donc difficile à manquer. Il entend déjà les rumeurs à son propos grossir encore plus qu’elles ne le sont déjà.

À la fin du débat interminable qui tire plusieurs soupirs d’ennui au Cadutie, il espère entendre enfin la raison de sa présence ici, mais l’un des amis de son père le fait déchanter rapidement. L’imbécile vient d’en interpeller un autre. Master Peacock. Fye sent son cœur faire un bond dans sa poitrine et se surprend à chercher le petit Vampire du regard. Ce n’est que lorsqu’il l’aperçoit qu’il s’oblige à retrouver son calme.

Le petit Vampire ne représentera jamais plus qu’un fantasme après tout, pourquoi devrait-il être si excité de le retrouver par hasard ?

Fye écoute les salutations de Quon sans le lâcher une seconde du regard. Un regard qu’il s’efforce à rendre indifférent, même si le joli bleu de ses yeux est plus envahit par le noir de ses pupilles qu’à l’accoutumée. La remarque sur la ménagerie oblige Fye à dissimuler un sourire amusé et lorsqu’il l’entend l’appeler Jules, c’est un sourcil surpris qui se lève.

Tu veux jouer l’inconnu ? Très bien. Jouons alors.

Après que Quon est présenté ses nouveaux nés, Fye épie discrètement la réaction de son père. Le voir crispé ainsi sous un dégoût qu’il peine à dissimuler amuse le Cadutie encore plus qu’il ne l’aurait pensé.

S
C’est toujours un plaisir de vous rencontrer, Master Peacock. Bien que je me demanderais toujours ce qui peut pousser une personne à rejoindre les vôtres.

J’ignorais que vous vous posiez cette question, père. Pourquoi ne pas questionner votre fils dans ce cas ? D’ailleurs, il vous envoie son amour, comme toujours.
F

Face à l’horreur qui se peint sur le visage de son père, Fye ne peut s’empêcher de sourire, une expression aussi triomphante qu’elle est insultante. Sans attendre plus de réaction de sa part, il se tourne vers le petit Vampire et le gratifie d’une élégante révérence.

Fye Merkelovà. Pour vous servir, Master Peacock. Je dois vous avouer que je ne m’attendais pas à vous rencontrer dans un endroit pareil. C’est un véritable plaisir, bien entendu.
F

Sans prêter aucune attention aux siens qui chuchotent déjà derrière son dos, Fye lui adresse un sourire poli en attendant sa réponse.

Qui aurait cru qu’il puisse faire preuve de tant de politesse envers qui que ce soit, d’ailleurs ?

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 11:16


Le regard en apparence désapprobateur se voila d'une touche d'appréciation. Il était si habitué à côtoyer un Fye hors de contrôle que c'était intensément satisfaisant de le voir faire le difficile avec un autre que lui. Un instant, devant le col bâillant de son pull, Quon pensa avec une pointe d'ironie qu'il devait agir de la sorte avec tous ceux tentant de faire preuve d'autorité avec lui. Il n'avait simplement jamais imaginé que cela pût englober son père. Leïla et Rodrigue étaient nouveaux nés, et sous la chape de plomb de la vampire qui leur avait permis d'être réunis à tout jamais. Ils se raidirent en constatant le petit jeu du Cadutie, obligeant Quon à saluer en retour. Il se pencha de quelques centimètres, et se redressa pour laisser passer le flot d'orateurs et de spectateurs mêlés.

Quon : Vraiment ? Pourtant, soyez assuré que la cause Manticore me tient particulièrement à coeur.

Le glapissement joueur de Leïla lui fit durcir son sourire. Les vampires et les humains avaient tout à gagner à ce que les Manticores demeurent serviles et ignorants. Moins ils en savaient du vaste monde de jadis, plus ils restaient dépendants de leurs employeurs. Quon avait fait l'erreur de donner une éducation à Klaus, et il était si peu docile qu'il regrettait de ne pas pouvoir le battre comme un plâtre. S'il n'avait pas été aussi doué pour les affaires, il l'aurait fait tourner entre les mains de ses infants pour qu'ils se défoulent.

Tu es vraiment trop tendre, mon pauvre Quon.

Quon : Je me disais que je connaissais ces yeux et cette moue. Grigore se porte bien, si c'est là votre inquiétude.

Leïla : Père, Grigore Merkelovà est des nôtre depuis bien avant la naissance de ce garçon.

Quon : Vraiment ? Une fois passé le premier millénaire, les années défilent à une de ces vitesses...

Le regard poli et cruel du vampire épingla Sean Merkelovà au mur. Il le contemplait avec la cruauté de l’entomologiste crucifiant une nouvelle oeuvre d'étude sur son tableau de liège. Avec une mimique offensante, le vampire resserra sur ses épaules son manteau militaire. Il laissa le silence douloureux les traverser  tous, et tourna légèrement la tête en direction d'une jeune femme ravissante dont le bec-de-lièvre peinait à éclipser la beauté. Elle avait les yeux très clairs, la peau pâle et les cheveux si blonds que Quon s'étonna de ne pas entendre les violons suivre son arrivée. Une promise. C'était une promise.

Quon : Bien. Maintenant que nous nous sommes reniflés. Je crois que l'un de vous doit rencontrer Mary Ingalls.  

Plaisanterie abrupte que lui seul devait comprendre. Les rares vampires qui avaient vécu suffisamment longtemps pour connaître La Petite Maison dans la Prairie évitaient généralement de transmettre cet héritage inestimable. Il avait bien connu un immortel complètement jeté qui enfilait des robes et des chapeaux ridicules pour se pavaner sur fond de musique aux cuivres, mais il n'avait bizarrement jamais procréé. Ces travestis manquaient de la classe la plus élémentaire.

Se sentant observée, la jeune fille eut un mouvement de recul. Quon se sentit le droit d'enfoncer le clou pour s'assurer que Sean ne se relèverait pas.

Quon : Profitez rapidement avant qu'elle ne s'envole. La vie est courte. Encore plus courte pour un Merkelovà.  

Le Cadutie de Guerre vira au rouge, et contracta ses bras si fort que Quon crut entendre une couture craquer. Il haussa un sourcil, ne se détachant pas de son sourire ironique. Un mage de guerre seul voulant combattre un Originel ?

Ca risque d'être amusant.



_________________
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 13:14
Panique à bord
Le regard de Fye suit un instant celui de Quon pour se poser sur la jolie blonde. Il ne percute la signification de sa présence que lorsqu’il découvre l’expression de son père. À son tour d’avoir l’air triomphant, mais ce n'est pourtant pas à Fye qu’il s'adresse. Tournant une expression à la limite de la cruauté vers Quon, il prend une voix mielleuse qui donnerait presque envie de vomir à son fils.

S
Si vous souhaitez rester encore un peu, Master Peacock, vous allez assister à une scène qui doit être bien rare parmi les vôtres, si ce n’est inexistante. La rencontre d’un jeune homme avec sa promise. Si vous voulez bien m’excuser.

La nouvelle fit l’effet d’un seau de glace à Fye. Pendant l'espace d’une seconde, une panique invisible s’empare de son esprit, à la limite du désespoir. Son cœur tape fort dans sa poitrine comme s’il voulait sortir de sa cage thoracique et ses yeux un peu trop ouverts sous le coup de la surprise se perdent dans le vague.

Non.
Impossible.
Pas maintenant…
Devant lui ?
Non !
JAMAIS !

Alors que son père s’avance vers la jolie demoiselle, Fye reste figé sur place, la tête fonctionnant à toute vitesse. Comment diable avait-il pu passer à côté de ça ? Il avait mis en place une surveillance rigoureuse de son père pour que ce genre de chose. Cela n’aurait jamais dû arriver. Il ferme les yeux et doucement, il reprend le contrôle de lui-même. Une profonde inspiration termine de calmer son cœur, et une détermination implacable s’empare de lui.

Jamais je ne rentrerai dans le système.

Bon. Il fallait bien que ça arrive un jour.
F

Se rapprochant du petit Vampire, c’est un calme mortel qui s’est emparé de son corps, semblable à celui du prédateur prêt à bondir sur sa proie. Il s’était déjà préparé à ce genre d’éventualité, mais jamais il n’aurait envisagé voir ça en public. Si son père pense qu’il va se tenir en présence de leur auditoire, il rêve tout éveillé. Les risques pour sa personne sont minimes, et Ethan est hors de son atteinte depuis longtemps. Au pire, son père fera preuve de violence. En public, ça pourrait ruiner sa réputation.

Le problème, c’est lui.

Mon père a tort, Quon. Ça ne va pas être joli à voir. Tu devrais t’en aller.
F

Montrant discrètement le Cadutie guerrier de la tête tout en observant les salutations de son père avec la famille de la jeune fille, un sourire amer apparait sur ses lèvres.

Surtout que Monsieur muscles n’a pas l’air d’avoir apprécié tes paroles. Pas que j’en ai eu quelque chose à faire, mais tu feras attention, sa femme est Sânge si ma mémoire est bonne.
F

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 13:39


Fye : Sa femme est Sânge si ma mémoire est bonne.

Un instant feutré de silence mortifère envahit le visage de cire de l'Originel. Ses infants se rigidifient, sentant le tourbillon d'émotions confuses passer entre les tempes de leur Père. Le vampire résiste, stoïque, à l'envie d'arracher la gorge du Cadutie avec les crocs. Il revit ce qu'il a déjà vu. Un de ses infants, desséché jusqu'à l'os, le sang sorti du corps en une famine longue et douloureuse. C'était bien après sa rencontre avec les premiers Caduties, et à l'époque ce virus inconnu de soif inextinguible avait été attribué aux radiations nucléaires. Il avait observé la maladie se propager sans pouvoir y mettre fin, et avait, impuissant, emmuré sa propre progéniture pour lui éviter de décimer toute son espèce.

Sânge. Les mages du sang étaient la véritable faiblesse des vampires, et le salopard qui avait tabassé ses mignons y était marié. Le tremblement de l'air autour de son visage provoqua trois vagues sourdes. Trois battements d'un coeur mort depuis des millénaires. Le tourbillon azuré de la Sirène affleurait à la surface de son visage, terrorisant ses deux infants qui reculèrent d'un pas par instinct. Le vampire ne dit rien, croisant les bras pour se contrôler. Il darda son regard d'orage céruléen sur le visage bouffi du Cadutie guerrier.

La douleur perça l’abcès, et le fit persifler.

Quon : Oh non. Il ne me fera rien, Fye.

Elle roulait contre sa langue, dansait avec ses propres mots, dédoublait sa voix d'une envolée douce et berçante comme les bras d'une mère. Le vampire se contenta de se pencher, et épingla l'aberration génétique avec un sourire intrinsèquement mauvais.

Quon : Tu as toujours senti l'épée de Damoclès vaciller au-dessus de ta fragile petite tête. Ta santé est si fragile... Pourquoi tes paumes sont-elles moites ? Ce pourrait-il que tu commences à suer comme le gros porc que tu es ? Tu vacilles, cher ami. Le malaise t'emporte... bonne nuit.

Le bruit sourd d'un corps s'écroulant fit tourner les visages dans sa direction. Quon, caché par le rideau de soie noire de son visage, fit mine de vérifier le pouls du Cadutie. De son autre main, il posa son index en travers de ses lèvres, et adressa un clin d'oeil électrique à Fye.

Sean : Qu'est-ce que...

Quon : Il va bien. Juste un étourdissement, semble-t-il. A son âge, c'est trop d'émotions sans doute.

Le vampire se redressa en faisant claquer son manteau, et se plaça dans le dos de Fye. Assez près pour qu'il sentît sa présence. Assez loin pour que son père ne se doutât de rien. Il avait éliminé la menace la plus immédiate - et la plus insupportable. Il était partagé. D'un côté, Quon vouait un amour sans borne à son propre père et ne regrettait que de ne pas l'avoir vu depuis des siècles. D'un autre côté, Fye était gay, et désirer le marier à tout prix avait quelque chose de fondamentalement... immoral. La jeune femme signa quelque chose au père Merkelova.

Bec de lièvre et sourde. Que de beaux enfants en perspective.

Quon : Et bien. J'attends ma scène.



_________________
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 14:51
Amour familial
Il se retourne à moitié pour lancer un regard désapprobateur au petit Vampire. Il ne veut pas qu’il assiste à la scène, mais sait aussi qu’il n’en fera qu’à sa tête. Il le connaît si peu et si bien en même temps. L’idée lui tire un sourire affectueux qui lui fait monter le rouge aux joues lorsqu’il se rend compte qu’il l’adresse à Quon et il se retourne aussitôt vers sa « promise ». Un grand sourire éclaire le visage de son père lorsqu’il les présente l’un à l’autre, signant et parlant en même temps.

S
Mademoiselle, je vous présente mon fils, dont je vous ai tant parlé. Fye, voici Sophia Vacaresco. Ses parents ont accepté le contrat de mariage que je leur ai proposé et d’ici six mois, vous formerez un couple ravissant. La petite n’est pas affligé du gêne problématique, sois en sûr.

Fye en est sûr, il n’y a pas de doute là-dessus. Que Sean Merkelovà organise une présentation aussi publique montre bien qu’il est absolument sûr de lui. Il ne signe tout de même pas sa dernière phrase et prend garde à ce que la petite ne puisse pas lire sur ses lèvres.

Vieil enfoiré.

Par chance, le langage des signes ne lui est pas inconnu. Son cousin est muet, et il ne sera pas dit qu’un membre de la famille est mis de côté par un handicap quelconque. Tant qu’il est Cadutie. Quelle blague. Un regard polaire vers son père voit son visage se vider de son sang lorsqu’il énonce un simple mot chargé de toute sa détermination à ne jamais rentrer dans leur moule trop étroit pour lui.

Non.
F

Ignorant la colère qui commence à être visible chez le vieil homme, il se retourne vers une Sophia déboussolée. La pauvre n’a rien demandé à personne, et il s’efforce de rester doux envers elle. Avec un soupire, il se met à signer et à parler de manière à ce que le plus de monde l’entende sans hausser la voix.

Je vous demande pardon, mademoiselle. J’ai peur que mon père ne se soit trop précipité. Vous m’avez l’air tout à fait charmante et je ne doute pas que vous rendrez votre futur époux heureux. Seulement, ce ne sera pas moi. Jamais je n’épouserais de femme.
F

Pour la première fois, Fye fait face à son père en public. Pour la première fois, il refuse haut et fort de se plier à cette loi ridicule. Pour la première fois, son père fait preuve de violence envers lui. Il avait envisagé cette possibilité. Son père n’avait jamais économisé les coups envers Ethan, même s’il ne s’en était jamais pris à ses enfants Doués. Mais quelque part, il ne l’en croyait pas capable.

S
Apprend où est ta place, insolent ! Tu épouseras cette jeune femme, que ça te plaise ou non !

Ce n’est qu’avec les oreilles sifflantes, la bouche en sang et la tête qui tourne qu’il se rend compte qu’il vient de prendre un coup. Un coup qui l’a envoyé à terre par sa violence et sa force. Complètement étourdi, il met un moment à reprendre ses esprits, son regard instable fixant le sol où le sang commence à former une petite flaque.

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 15:45


Le claquement de la chair contre la chair laissa place au silence qui fit longtemps écho. La Cour était vide pour la demie-heure suivante, et il ne restait plus que le cercle d’intrigants. Nouveau claquement. La jeune femme avait plaqué les mains contre ses joues avec un air horrifié.

Clap.

Clap.

Clap.

Quon applaudit lentement, le visage fermé dans une expression indéchiffrable. Il se pencha, saisit Fye par le bras et le redressa en lissant son pull. Le souffle erratique du Cadutie effleurait son visage de marbre. Lui se contentait de le scruter. Il y avait un fond de désapprobation sous la couche d'indicible volonté de le garder. Le vampire s'éloigna d'un pas. Il avait demandé une scène, et quelle scène il avait eue.

Quon : Vous frappez les enfants ? Voilà qui ne m'a jamais effleuré l'esprit.

Le diablotin tendit la main en arrière, et Rodrigue s'empressa de lui tendre un mouchoir. Il tamponna le visage de Fye avec application, ne le regardant pas dans les yeux une seule fois. Sous la couche de politesse et de maîtrise, une part d'ombre violente menaçait de le submerger. Il releva lentement la tête, prit la main du Cadutie et le fit tournoyer une fois. La toute petite danse se termina par un geste possessif. Il serra entre ses bras fins le corps recouvert de tissu pour dégager son cou. Le haussement de sourcils insolent trouva écho dans la furreur du père du Cadutie. Quon sourit, découvrant ses crocs. Il laissa ses doigts courir contre sa nuque, et le relâcha comme une poupée de chiffon.

Quon : Au cas où vos erreurs passées ne vous auraient pas suffies, Caduties. si vous forcez ce garçon à se marier, je le tuerai.

Sean : Comment ôsez-vous ?

Quon : Silence.

L'éclat bleu de son regard s'éteignit aussi rapidement qu'il était venu. Le vampire retrouva une apparente tranquilité, et se propulsa à vitesse immortelle juste devant le doyen de la bande. Il s'arrêta à trois centimètres.

Quon : Honte sur vous. Vous êtes le plus pitoyable et incapable père qu'il m'ait été donné de voir. Et mes frères ont chacun une lignée très étendue. Si vous n'écoutez pas ce que votre fils a à vous dire. Je le ferai, moi.

Un claquement de manteau plus tard, il était passé dans le dos de "Sophia". Ses serres étendues raclaient contre son poitrail, filant la chair d'une perle écarlate. Le vampire avait une main contre son menton, prêt à lui briser la nuque. Tuer des innocents ne l'effrayait pas. Après tout, que représentaient ces Caduties ?

Une bande d'indésirables.

Ne l'intéressait que Fye. Fye qu'il venait de plâtrer d'un bouquet de phalanges. Fye qui saignait encore.

Quon : Je vous déconseille de jouer aux sorciers avec moi. Vous auriez tort de déclencher une guerre pour la gloire du pénis des Merkelova. Dehors. Tout le monde. Vous aussi.

Il dévisagea ses deux infants, et, sentant les Caduties prêts à sortir les armes, appuya ses crocs contre la gorge blanche. De quoi faire couiner sa proie, terrifiée, qui tremblait de tous ses membres.

Pourvu qu'elle ne se pisse pas dessus.

Quon : J'ai déjà arraché un de vos piliers, Sean. Réfléchissez. Réfléchissez bien.



_________________
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 17:28
Tout en douceur
L’atmosphère est tellement tendue qu’une simple étincelle pourrait la faire s’embraser. La colère lisible sur le visage Fye reflète celle de son père, mais pas pour les même raison. Le jeune Cadutie est furieux contre lui-même. Il déteste qu’on lui vienne en aide. Il se sent faible, dépendant, alors qu’il n’aspire qu’à une liberté totale, sans aucune chaîne. Jusqu’à aujourd’hui, il désespérait de voir ses espoirs prendre forme. Mais Quon lui donne une chance de voir ce rêve devenir réalité.

Le paternel, lui, mène un combat acharné entre sa raison et sa fierté. Se faire donner des ordres par un Vampire, pire, un Originel ! Il ne le supporte pas. Le problème vient de Sophia. L’enfant est la nièce d’un proche de Doru Merkelovà. Si elle meurt à cause de lui, sa réputation, sa fortune, sa position… tout va disparaitre. Alors après une longue minute de silence étouffant, il donne un ordre sans appel. La petite foule évacue la salle et lorsqu’il ne reste que lui, il lance un dernier regard furieux à son fils accompagné d’un index menaçant.

S
Je n’en ai pas fini avec toi.

Fye ne réagit pas. Il ne bouge pas un cil jusqu’à ce que le dos de son père disparaisse derrière la porte. Alors seulement, il s’autorise un soupir de soulagement. Portant la main à sa mâchoire, il la masse doucement, la douleur lui tirant une grimace.

Moi si.
F

Il avale le sang qui continue de lui envahir la bouche et se tourne vers le Vampire qui tient toujours la demoiselle dans ses bras. La terreur se lit sur son visage et lorsqu’elle voit le calme dont fait preuve le Cadutie, l’incompréhension s’y mêle. Fye l’ignore royalement, et ne daigne même pas adresser un regard à Quon alors qu’il baisse les yeux.

Tu n’aurais pas dû intervenir. Ça pourrait t’attirer des ennuis. Mais merci quand même.
F

Finalement, Fye s’approche du duo. Pas une seule fois il n’adresse un regard à Sophia, trop occupé à plonger le sien dans celui de Quon. Les questions se bousculent dans son esprit. Pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi avoir pris sa défense ? Son cœur s’affole légèrement sous les doutes et son imagination débordante. Il saisit la main du petit Vampire en douceur, et tente de l’écarter de la jeune fille. Le contact lui envoi des courant électrique dans out le corps, comme s’il décidait de se mettre réellement en marche qu’au contact avec sa peau.

Relâche la, tu veux ? Elle n’a rien fait de mal.
F

À peine les mots sortent de sa bouche que le sang perle à nouveau à ses lèvres. Dans une nouvelle grimace, il ravale le liquide ferreux.

Je ne sais vraiment pas comment vous faites pour boire ça. C’est infâme.
F

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 17:52


Quon : Vous mangez bien du cadavre de poule dans ses menstrues. Vous appelez ça "poulet pané" je crois.

Le vampire relâcha légèrement la demoiselle, et lui tendit le mouchoir sale de Fye pour s'essuyer. Il attendit quelques instants, devant le regard incrédule qu'elle lui lança. Ses joues de jeune promise étaient rosies par la peur et l'excitation. Encore un agneau innocent manipulé par des mains bien trop brutales. Avec un époux Cadutie, cette jeune femme deviendrait acariâtre, brutale et dangereuse, comme toutes les autres. Le vampire la laissa là, tournant le visage de Fye pour observer la marque du coup.

Quon : Il ne t'a pas manqué. Ciel. J'imaginais ton père un peu moins bourrin.

L'air interloqué et outré de la jeune fille le fit se tourner. A syllabes déformées, la malentendante lui demanda s'il connaissait Fye. Quon prit le temps de lisser son manteau, et tapoter sa clavicule pour indiquer à la cadutie qu'elle était encore tachée, juste là.

Quon : C'est une question bien intrusive jeune fille, je n'ai aucune envie d'y répondre.

L'air mutin du vampire fit tourner Fye. Il observa le visage tuméfié de son insupportable compagnon de déroute. Plongé dans les yeux clairs du cambrioleur, l'Originel prit pleinement la mesure du sourire incontrôlable qui se gravait sur ses traits.

Fye lui avait manqué.

Du haut de son mètre cinquante-cinq réhaussé de talons aiguilles, le vampire posa un instant son front contre le sien. Il l'observait en silence, écoutant les battements de son coeur. Et sous la chappe épaisse de ces yeux inquisiteurs, le reste du monde disparaissait. Il voulait en voir plus sur cette crevette insupportable et volatile qu'était le Cadutie. Qui était Fye Merkelova, qu'est-ce qui le faisait vibrer ? Comment était-il devenu aussi... insupportable. Borné.

Il entendit Sophia bouger, dans son dos, souleva le menton de Fye, et glissa sa langue entre ses lèvres.

Une poignée de secondes, il se glissa contre la chair tiède et tendre du Cadutie, caressa ses dents de la pointe de la langue. Juste assez longtemps pour que ce ne fût pas un accident.

Et sans le toucher, il mit fin à son geste, se détourna sans essuyer la trace écarlate qui lui barrait la lèvre supérieure. Il se caressa la gorge du bout des serres, se tourna face à la sortie.

Quon : Vous devriez retourner avec votre famille Sophia.



_________________
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 19:24
Fye reste un instant interdit face au geste du Vampire. Pourquoi… ? Cette question résonne dans son esprit sans qu’il puisse la terminer. À chaque nouvelle rencontre, il en a de nouvelles qui prennent leur place dans un petit coin de sa tête. Il avait décidé de ne plus chercher à y répondre. Comme il avait renoncé à être payé pour le fiasco de leur dernière soirée. Mais son geste remet tout en question. Sa curiosité revient le frapper de plein fouet et il veut savoir qui est le petit Vampire qui a hanté ses rêves. Il veut savoir ce qui se cache derrière ce caractère que tout le monde trouve insupportable. Et il veut autant voir la bête que l’Homme. Étrangement, avec l’espoir grandissant que cette rencontre ne serait peut-être pas la dernière, c’est comme si un poids venait de se lever de son cœur qui se met à battre plus facilement. Ou plutôt plus rapidement. Parce que finalement…

Quon lui avait manqué.

Hâtivement, Sophia leur fait une petite révérence maladroite et se dirige vers la sortie. Fye attend que la jeune fille disparaisse pour se rapprocher du Vampire. Un sourire illumine son visage sans qu’il puisse s’en empêcher. Lorsqu’il lève une main pour passer un doigt sur sa lèvre  de manière à en enlever le sang, c’est de l’amusement qu’il aurait aimé dégager. Au lieu de ça, c’est un regard tendre qu’il lui adresse. Presque affectueux.

Quand donc as-tu pu m’ensorceler petit Vampire ?

C’est la première fois qu’il me frappe. Il ne s’est jamais gêné avec Ethan, mais jamais il n’avait levé la main sur moi. Il faut un début à tout visiblement.
F

Comme prenant conscience de la situation, il retire sa main en rougissant légèrement et en détournant le regard. Il l’a embrassé. Rien de plus. Et même s’il a une violente envie de le prendre dans ses bras pour lui rendre son baiser, il ne sait pas encore sur quel pied danser avec lui. Et le public qui ne tardera pas à revenir encombrer les bancs ne l’enchante pas plus que ça. Il a toujours trouvé l’air étouffant ici.

Mais tu as raison. Il ne m’a pas loupé.
F

Il fait jouer sa mâchoire et tâte le bleu qui ne va pas tarder à apparaitre, si ce n’est pas déjà le cas. Le sang a arrêté de couler dans sa bouche et il n’a plus l’impression de devoir l’ingérer en continue. Après une dernière grimace de douleur, il la supprime et lâche un gros soupir de soulagement.

Ça va tout de suite beaucoup mieux. On devrait peut être partir de là, non ?
F

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 19:59


Un instant, le vampire tourna la tête. Avec l'air affolé du chat qui venait de voir passer un oiseau, il scruta le sol en fronçant les sourcils. Où était le mage de guerre ? Il cilla deux fois, se rendant compte qu'il avait été obéi à la lettre et de façon cordiale sans avoir à employer la Sirène. Cette fois-ci, seul l'évanouissement spontané d'un gêneur était le fait de celle qui se cachait dans les eaux sombres de ses tempes. Le vampire ne hocha pas la tête, mais ouvrit la marche. En sens inverse de sa venue, il passa derrière les gradins avec un bref sourire.

La première fois qu'il avait rencontré Fye, celui-ci l'avait privé d'une source juteuse de O Négatif. Par la suite, il était allé de surprise en surprise avec lui. Tantôt travesti, tantôt cambrioleur, c'était l'inexplicable tortionnaire de ses songes.

Car, il fallait être honnête, Quon ne s'était pas rincé généreusement au whiskey parce qu'il avait du jouer d'autorité face à un Infant récalcitrant. C'était ce maudit Cadutie qui avait hanté sa nuit.

Il avait raclé les murs de sa maison, s'était écroulé dans un bain, frotté au canapé et avait roucoulé en crachant de l'eau en pensant au malheur qu'il avait eu de ne pas mettre la main plus tôt sur cet être abominablement attachant.

C'était une malédiction.

Quon : N'en veux pas trop à ton père, Fye. Il ne fait que projeter sur toi ses propres craintes. Comme le font tous les parents.

Le vampire s'appuya de toutes ses forces contre une grosse pierre qui bascula, et souleva la petite trappe menant à l'extérieur. Il épousseta ses pantalons, ramena ses cheveux en arrière et tendit la main au Cadutie pour l'aider à remonter. Il pensa avec un regard absent qu'il n'avait jamais réglé Juliette pour ses services. Trop occupé à se regarder le nombril, Quon avait encore une fois éclipsé les besoins d'autrui.

Quon : Veux-tu retourner chez toi ? Sérendip n'est plus très loin. Si tu ne veux rencontrer aucun Cadutie pour le reste de la journée, ça pourrait t'offrir un peu d'air...

Ni l'un ni l'autre n'avaient mentionné son geste.

Aussi spontané que déplacé.

Ils se fuyaient encore, passant pour deux chenapans échappés d'un couvent. Deux enfants ayant trompé la vigilance de leurs parents. Pourtant, Quon avait plusieurs millénaires d'avance en matière de bêtises. Se faire passer pour un dieu, détourner des dévots du droit chemin, enfanter par quatre fois avec des humaines malgré lui, bourré comme le cul d'un âne. Il avait de la marge en matière de bêtises.

Mais aucune ne lui semblait aussi savoureuse que celle de s'encanailler avec le Cadutie ronchon avec une tempe violacée.

Quon : Je pourrais... On pourrait se reposer dans un de mes établissements. Ou au Stoker. Chez moi.

C'était comme si toute son éloquence avait glissé d'un coup. Elle était restée dans la Cour, là, à disposition de la séance suivante. Et lui, du haut de ses millénaires sentait un drôle de picotement lui grignoter les joues. Avec une horreur dissimulée par une gêne encore plus forte, Quon sentit son teint prendre une couleur de pêche soutenue.

Il avait presque l'air vivant.

Mortifié.

Epinglé.

Oh non.



_________________
Fye Merkelová
avatar
Messages : 126
Date d'inscription : 15/01/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Cadutie d'Entropie

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 21:33
Où ça... ?
Chez lui… Comme… chez lui… chez lui ? La couleur discrète qui apparaît sur le visage du Vampire semble envahir celui du Cadutie. Le temps qu’il prend pour répondre n’est pas du tout pour se défiler, mais pour trouver une excuse pour ne pas rentrer chez lui. Son appartement a l’inconvénient d’être occupé par son frère. Et là, maintenant, il n’a pas du tout envie de voir son frère….

Si on va chez moi, on va probablement tomber sur mon frère. Je ne suis franchement pas d’humeur à me démener pour calmer sa colère face à la tête que j’ai. Et je ne voudrais pas t’imposer ça non plus.
F

Le fait que Quon n’ai pas du tout proposé de l’accompagner chez lui ne lui effleure pas l’esprit un seul instant. Tout ce qu’il a retenu et auquel il s’accroche à présent est le fait que Quon lui a proposé de rester avec lui. Et au final, c’est tout ce qui compte. Sans réfléchir, il porte la main au visage coloré de son petit Vampire. Pourquoi ? Cette question semble se répéter encore et encore sans qu’il ne trouve jamais de réponse. Comme animés d’une volonté propre, ses doigts caressent la joue de Quon alors qu’il approche son visage du sien.

Donc….
F

Il se fige autant dans son geste que dans sa phrase. Il se demande une seconde si son geste va lui paraitre déplacé. Est-ce qu’il a le droit ? Est-ce qu’il va le repousser ? Son cœur s’affole à nouveau alors qu’il se perd dans les grands yeux noirs du Vampire.

Je fais quoi ? Je fais quoi ? Je fais quoi ??

Il a l’impression de se voir au lycée, quand ses amours n’étaient que des envies de passage. Sauf qu’avec Quon, c’est différent. Il ne veut pas qu’il ne soit que de passage Pourquoi ? Il n’a pas le droit à l’erreur. À contre cœur, il retire sa main et la passe derrière sa nuque, le regard fuyant, le visage en feu.

Chez toi ? Si ça te va…
F

Le sourire timide, il enfonce ses mains dans ses poches dans une tentative désespérée pour reprendre contenance. Il a conscience qu’à la limite du cramoisi, le résultat doit être plus lamentable que convaincant. En prenant une grande inspiration, il ose enfin affronter le regard du Vampire, comme pour vérifier si l’invitation tient toujours. On ne sait jamais, en l’espace de deux minutes, il peut arriver n’importe quoi…
Enfin… si ça ne te dérange pas. Tu avais peut être des projets pour la fin de la journée… ?
F

_________________
Quon Peacock
avatar
Messages : 155
Date d'inscription : 17/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Vampire Originel

MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   Lun 1 Mai - 22:00


Il l'observait sans faillir, cherchant une once de lucidité dans leur échange plus qu'incongru.

Mais il ne trouvait rien de tel.

Tout était confus. Enroulés les uns sur les autres, les noeuds de leur relation chaotique débutaient à peine, et pourtant ils avaient déjà l'aspect alambiqué d'un problème Gordien. Le vampire plissait les lèvres en laissant défiler entre ses tempes toutes les possibilités d'échec de cet embryon d'interaction.

Fye était un Cadutie. Son frère était né sans Don. Il faisait partie de la branche proche du Conseil. Il avait transformé son arrière...quelque chose. C'était un jeune homme au sang trop chargé en fer. Il tomberait malade jeune et mourrait avant cinquante ans.

S'il voulait être réaliste, Quon estimait à cinq ans le délais de son trépas en entretenant une relation soutenue avec lui.

Quon : Je n'ai pas d'autres projets.

Il était inutile d'en rajouter. L'Originel passa devant, laissant le claquement de ses talons sur le trottoir guider la marche jusqu'au Quartier Rouge. La route lui sembla interminable, parce qu'il n'avait pas la conscience tranquille. Quon se laissait couler sur les flots d'une culpabilité latente. Il savait qu'il aurait du consommer cet amour, cet attrait, ce printemps ou quelque autre nom qu'il aurait été capable de donner à...

Creatorem. Fye était à croquer, rouge jusqu'à la pointe des oreilles.

L'originel enfonça les poings dans ses poches, et tenta de se persuader qu'il ne faisait là rien de mal. Après tout, il avait déjà séduit des hommes dans le seul but de les prélever d'une ou deux poches de sang hebdomadaire. Alors quelle différence y avait-il avec ce qu'il faisait à ce garçon ?

Il pensa en écarquillant les yeux à la tête que ferait Fye en tombant sur sa "boîte aux malices". Surnom affectueux de l'antre de toutes les affreuses répliques en silicone qu'il s'était offert pour ne jamais avoir à toucher à un de ces répugnants humains. Sentant le stress prendre le dessus, le vampire enchaîna ses émotions ensembles, et les catapulta au fond du placard. Sages.

Ses pensées erratiques l'avaient mené au pied de l'ancien opéra, qu'il observa d'en bas un instant. Il était encore très tôt, et le Stoker ne comptait que deux serveurs qui flânaient une fois la salle rutilante. Pas de vampire dans les gradins, pas âme qui vécût pour rendre l'endroit chaleureux.

Les deux serveurs sursautèrent en entendant le claquement des chaussures du vampire dans l'escalier principal. Quon, lui, finit par traverser la passerelle métallique menant à ses appartements.

Le pincement au coeur. Cette saleté de culpabilité. Avec sa joue en patate, son col ouvert sur la trace de ses crocs et ses pas délicats au-dessus du vide, Fye écourtait définitivement son espérance de vie.

Il laissa la porte se refermer derrière eux sans un regard en arrière. Klaus était sorti, et il n'avait pas laissé allumé derrière lui.

Comme l'agneau entrant à l'abatoir, Fye se retrouva soudain plongé dans l'obscurité.

Quon : Bienvenue chez moi.



_________________
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: [Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]   
[Terminé] On ne choisit hélas pas sa famille [Fye]
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Terminé]On ne choisit pas sa famille... malheureusement!
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Hermione Granger ( terminée)
» 101 TH AIRBORNE (Armée terminée en 1 semaine de quickpainting)

-
Sauter vers: