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Lacrimosa

Forum futuriste de vampires, humains, goules, metamorphes et humains à dons axé autour d'une guerre inter-race et d'un fléau qu'est le Lacrimosa au sein de la ville de Pandémonium.
 


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 Akakios L. Phaidros

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Akakios L. Phaidros

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Date d'inscription : 14/03/2017

MessageSujet: Akakios L. Phaidros
Mer 15 Mar - 13:01


Akakios L. Phaidros



3606 ans | Vampire & NOSFÉRATUS | Pansexuel | Nettoyeur

ft ▬ Undertaker - Kuroshitsuji


Pouvoir : Réduire en cendre


D’un simple regard, d’un simple geste, Akakios peut réduire en cendre n’importe quelle substance. L’effet n’est pas forcément instantané et dépend de sa taille. La contrepartie est toutefois coûteuse puisqu’elle déclenche une soif irrépressible chez lui. Même s’il vient de se nourrir et qu’il est rassasié, il sentira le besoin de boire un sang frais et chaud en plus ou moins grande quantité.

Si elle est morte, ou inanimé, le contact n’est pas obligatoire, mais accélère le processus et sa soif restera raisonnable. Si elle est vivante, la toucher devient indispensable et le besoin de se nourrir qu’il ressent devient plus pressant, voire potentiellement incontrôlable. Réduire un humain bien vivant en cendre lui est possible, mais le plongerait dans une folie meurtrière qui le ferait attaquer n’importe qui, ou même n’importe quoi tant qu’il peut le boire. Réduire la main d’un humain en pleine possession de ses moyens en cendre, par contre, est plus abordable et ne lui coûtera qu’un repas de plus.

Description physique



250 mots minimum


Description mentale



250 mots minimum


Histoire



Le Manticore s’affaire autour du bureau de son maître. Rangeant, nettoyant, ordonnant. Par mégarde, Il fait tomber un gros livre à l’air ancien et le ramasse en hâte. Curieux, il l’ouvre à la première page.

*****

Ambracie, Troisième jour d’Iunius, 187 av. J.C. – extrait du journal de Phaidros, fils d’Alkaios.

Aujourd’hui, Ligeia a donné naissance à notre premier enfant, et m’a donné un fils. Il a la peau et les cheveux de sa mère. Je doute que leur doré foncera à un quelconque moment de sa vie. Il aura toujours l’air plus Romain que Grec. Nous avons décidé de le nommer Akakios, innocent, bon. Je prierais les Dieux pour que sa vie soit à l’image de son nom.


Ambracie, Douxième jour de Januarias  183 av J.C. – extrait du Journal de Ligeia, fille de Diane

Notre petit Akakios grandit bien. Il a les yeux vert et vifs de son père. Il observe beaucoup ce qui l’entoure, même s‘il parle peu. Il est cependant très curieux et n’hésite pas à expérimenter des choses, même au détriment des autres. Hier encore, il a fait tourner en bourrique Phaidros en faisant passer l’une de ses bêtises pour une erreur de l’un de nos esclaves. Le pauvre a pris quatre coups de fouet par sa faute. Il n’est pas très tendre avec eux. Il prend trop exemple sur son oncle à mon goût, mais comme il reste un homme puissant, je ne peux pas vraiment m’en plaindre.


Ambracie, Treizième jour d’October 183 av J.C. – extrait du Journal de Ligeia, fille de Diane

Voilà trois jours que j’ai donné naissance à Agape. La petite est pleine de vie et ressemble davantage à son père qu’Akakios. Celui-ci n’a pas l’air très heureux de la naissance de sa sœur, mais je mettrai ça sur le comte de la jalousie de l’enfant unique qui se retrouve avec moins d’attention. Ça lui passera, j’en suis sûre.


Ambracie, Septième jour de Sextilis 177 av J.C. – extrait du Journal de Ligeia, fille de Diane.

Akakios a encore fait des prouesses d’après ses instructeurs. Que ce soit l’art du combat, celui de l’équitation ou de la stratégie, ils sont persuadés qu’il fera un excellent général un jour. Son père et son oncle en semblent très fiers. Moi, j’aurais préféré qu’il soit plus calme et doux, à l’image du nom que nous lui avons donné. Le savoir sur les traces de son père m’inquiète. Je ne veux pas qu’il fasse la guerre. Je ne veux pas perdre mon petit ange.

Lorsqu’il n’est pas avec ses professeurs, il passe son temps avec sa sœur. Cela fait maintenant quelques années qu’ils s’entendent à merveille, et cela me ravit. Ils sont adorables. Il semblerait qu’ils aient décidé d’apprendre tout deux à chanter, par eux-mêmes. Ils se corrigent l’un l’autre et les éclats de rires illuminent souvent la maison.


Ambracie, Vingtième jour de November 178 av J.C. – extrait du journal de Phaidros, fils d’Alkaios.

J’ai dû réprimander mon fils aujourd’hui. Je l’ai encore pris à rouer un esclave de coups. Il lui aurait volé sa paire de sandale préféré d’après lui. Cet esclave n’a jamais fait un pas de travers, mais comme je ne sais jamais si Akakios ment ou pas, j’hésite à mettre sa parole en doute. Mon fils est capricieux, ce n’est pas une découverte, mais j’ai l’impression qu’il cède aussi rapidement à la colère. Peut-être devrais-je l’envoyer quelques temps chez mon frère. Sa discipline est sans aucun doute plus rigide que la mienne.


Ambracie, Dix-huitième jour de December 174 av J.C. – extrait du journal de Phaidros, fils d’Alkaios.

Voilà quatre ans que je n’avais pas vu mon fils. Le jeune homme qui s’est présenté devant moi aujourd’hui est méconnaissable. Et ce n’est pas entièrement à cause des changements physiques. Le calme et l’indifférence dont il fait preuve est effrayant. Il a à peine esquissé un sourire lorsque sa sœur lui a sauté dans les bras. Il n’a pas hurlé après l’esclave qui a renversé du vin sur sa toge par maladresse. Il l’aurait assommé de coups avant son séjour chez son oncle. Il semblerait que son séjour chez mon frère lui a été bénéfique après tout.


Ambracie, Dix-huitième jour de December 174 av J.C. – extrait du journal de Ligeia, fille de Diane.

L’enfant que j’ai retrouvé ne ressemble pas à mon petit Akakios. Ses cheveux dorés sont maintenant presque complètement gris. Son corps est parsemé de cicatrice. Celle qu’il a sur le visage est encore rose, donc récente. Et son regard. Par tous les Dieux, que son regard est froid et distant ! Je n’ose même pas imaginer ce qu’il a pu vivre durant ces quatre années. J’espère que la douceur de sa sœur et la mienne pourront le faire redevenir un peu comme avant.

*****

Un bruit au rez-de-chaussée lui fait relever le nez de sa lecture. Le maître lui en voudra-t-il s’il le prend à lire son journal ?

*****

Notes sur la période 174-159 av JC

Comme je n’ai pas retrouvé d’écrit sur cette période, je vais tenter de poser par écrit les souvenirs que j’en ai.

Ma mère et ma sœur n’ont jamais réussi à retrouver l’enfant qu’elles avaient perdu aux mains de mon Oncle et les années suivante n’ont servis qu’à me propulser de plus en plus haut dans les rangs de l’armée. Lorsque que les romains ont décidé de piller Ambracie, j’occupais déjà un bon poste dans la hiérarchie militaire. C’est surement pour ça que le marchand d’esclave qui m’acheta plus tard fit de moi un gladiateur. Je ne le restais pourtant pas longtemps, puisque qu’un homme influent dont je ne connus jamais le nom décida de m’acheter un ou deux ans plus tard, je ne sais plus exactement. Il avait l’intention de m’offrir comme cadeau à un Dieu Égyptien. Je croyais à une blague jusqu’au moment où je l’ai rencontré.

Seth.

Il m’a tout de suite fasciné. Il fuyait le soleil, mais était aussi éblouissant que l’astre à mes yeux. Son aura était telle que pour la première fois de ma courte vie à l’époque, j’envisageai de me plier à quelqu’un de ma propre volonté.  Il était mon exact opposé, et pas seulement physiquement. Sa peau comme ses cheveux étaient sombres alors que les miens étaient clairs. Il était un Maître libre, un Dieu vivant et moi un esclave à jamais à son service. Je l’ai autant aimé que haï pour ça.

Pour une raison qui m’a toujours échappée, il a fait de moi une sorte d’homme de compagnie. J’ai d’abord chanté pour lui et lorsqu’il a voulu me faire danser, il s’est vite ravisé. La danse n’a jamais été mon fort. J’ai passé des heures à lui parler de mon pays et de son histoire, de mes coutumes, mes Dieux… ma famille. Je lui ai appris à parler, écrire et lire le grec et le latin. Il n’était pas un élève très attentif et il m’exaspérait plus souvent que je ne le laissais voir. Je crois qu’au bout d’un moment, il le faisait même exprès, juste pour m’embêter. Et ça fonctionnait très bien.

Sans que je m’y attende, il me rendit la pareille et me parla de son pays à lui, sa culture, ses traditions… Encore une fois, je ne compris pas le pourquoi de son geste. J’étais un esclave, rien ne m’étais dû en échange de mes services. Et pourtant, il fit bien plus que cela. Il me parla des siens, de ce qu’il était vraiment. Il m’initia aux plaisirs de la chaire que je n’avais jamais connu, pas plus avec une femme qu’avec un homme. Nos moments d’intimités étaient parfois violents, parfois plein de douceur. J’appris à le connaître au fil du temps et surtout à l’aimer. Comme on aime un maître, un ami, puis un amant.

J’ai souvent assisté à ses repas. Il a tué plus d’un esclave sous mes yeux en se nourrissant de leur sang. C’est pour ça qu’ils avaient tous si peur de lui. Et qu’ils me portaient une haine sans égale. Parce que jamais, il ne s’est nourrit de moi. Parce que j’assistais à ses meurtres sans broncher, sans peur, sans rancœur. Un jour où il hésitait entre deux esclaves, il m’a demandé lequel choisir. J’ai répondu sans hésiter. Cela m’a valu un lynchage le soir même. Ou plutôt une tentative. S’il prenait soin de ses repas, Seth me nourrissait encore mieux. J’étais alors en pleine forme et je n’ai eu aucun mal à repousser l’assaut. Lorsqu’ils furent tous plus ou moins assommés, le les ai couvert d’injures, plus méprisant à chaque nouvelle phrase. Un silence de mort s’est installé lorsque l’un d’eux remarqua la présence de Seth à l’entrée de la pièce. Je ne me suis pas incliné en me retournant vers lui. Je suis resté droit et j’ai soutenu son regard. Il s’est alors approché de moi sans accorder un regard aux autres pour murmurer doucement à mon oreille.

- On n’abîme pas la nourriture, Akakios. Suis-moi.

J’ignore si c’était mon arrogance ou ma capacité à faire face à tant d’adversaire désarmés, mais ce soir-là, pour la première fois, il s’est nourrit de mon sang, jusqu’à la dernière goûte. Après m’avoir offert le sien. Je n’ai pas tenté de le repousser, même lorsque j’ai senti la mort s’approcher. La transformation fut insupportable. La douleur que j’ai ressentie était atroce, comme si chaque parcelle de mon corps mourrait pour mieux renaître. Et c’était vrai en un sens. Lorsque la transition fut complète, la soif qui m’assailli alors fut violente. J’aurais avalé n’importe quoi pour stopper cette faim dévorante, incontrôlable. Seth fit venir les trois responsables de la tentative le lynchage ratée. Je les ai vidés de leur sang les uns après les autres, sans aucune douceur et avec beaucoup de plaisir.

Par la suite, j’ai passé plusieurs années auprès de lui. Pas tout à fait son égal, mais au-dessus de tous les autres et toujours aussi proche. Il m’apprit à contrôler ma soif et ma force. Lorsqu’il me jugea suffisamment autonome, je le laissais à contre cœur pour partir à la recherche de ma sœur. J’aurais aimé passer plus de temps avec lui à l’époque, mais je me devais de libérer ma sœur d’un esclavage qu’elle ne méritait pas. Elle n’eut pas autant de chance que moi, malheureusement.


Trentième jour de December 157 av J.C. – Témoignage de Marcellina, esclave d’une famille Romaine.

Depuis quelques jours, la petite Agape recevait un visiteur en soirée. Sa maladie l’empêchait de travailler et les Maîtres envisageaient de s’en débarrasser. Que cet homme vienne lui rendre visite la soulageait grandement et j'étais heureuse de la voir à nouveau sourire. Elle me dit que c’était son grand frère et qu’un Dieu fit de lui l’un des siens. Je n’aurais pas pu la croire avant d’assister à sa mort.

Je l’ai entendu lui demander de mettre fin à ses souffrances, et s’il a longtemps refusé, il a fini par lui céder. Je n'oublierais jamais les paroles de la petite Agape : “Prend ma vie pour nourrir la tienne. De cette façon, je serais à jamais avec toi.” Ce soir-là, j’ai assisté à deux scènes qui finiront par me rendre folle tant elles m’ont horrifiées. J’ai vu la créature qui était son frère se pencher sur sa gorge et y planter ses crocs, un fin filet de sang coulant de la commissure de ses lèvres alors qu’il en vidait son corps. Il est resté longtemps avec son cadavre dans les bras à pleurer sa sœur. Après plusieurs heures, il l’allongea dans son lit, et embrassa son front. En quelques secondes, son corps tout entier se changea en cendre alors que les iris d’un vert translucide du monstre se teintaient de rouge. L’expression aussi horrifiée que surprise se mua en une folie sans borne qui sembla prendre possession de ce monstre.

Pourquoi ai-je survécu ? Déjà parce que j’étais cachée pendant que je l’observais. Ensuite parce que maintenant, il est assis sur mon bureau, son regard froid sur ma nuque et me fait écrire ce témoignage après avoir fait un véritable carnage dans la maison des Maîtres. Hommes. Femmes. Enfants. Ils sont tous aussi pâles que leur bourreau, mais vidés de leur vie. Je souhaiterais presque qu’il me tue pour ne pas avoir à me souvenir de cette soirée de cauchemar jusqu'à la fin de mes jours. Mais il ne le fera pas. Il dit qu’il faut que quelqu’un se souvienne. Et jamais, je n’oublierai.


Notes

La découverte de mon pouvoir fut particulièrement brutale. Seth m’avais parlé de ce détail, mais je ne pensais pas le découvrir dans de telles circonstances. Lorsqu’il se déclenche, la sensation est véritablement étrange. Alors que l’objet –ou le corps, vivant ou non- se change en cendre, c’est comme si mon corps se desséchait dans le même temps et appelait le besoin de se régénérer. Ce qui résulte en une soif incontrôlable et irrépressible. Avec le temps, j’ai appris à le contrôler et la soif est devenue proportionnelle à son utilisation. Je peux réduire un humain bien vivant –ou un Vampire ou quoi que ce soit- en cendre, si je le souhaite. Mais le massacre qui a résulté de ma première tentative me restreint à aller jusqu’à cette extrémité. Pas qu’il pose problème à ma conscience, elle se porte très bien, mais un village entier qui se retrouve vidé de son sang est un inconvénient de taille lorsque l’on souhaite être discret. Et Seth me l’a interdit, sauf dernier recours. Il trouve que ce n’est pas très commode.

*****

Un son attire à nouveau son attention et il se fige une grosse minute. Lorsqu’il est sûr que le silence est revenu, il tourne quelques pages.

*****

Eirikr Bjarnsson fin 900 – Propos recueillis en 1763

Lorsque j’ai été exilé, j’ai cru que la vie deviendrait un véritable enfer. Et dans un sens, ce n’était pas vraiment faux. À l’époque, j’ai pensé avoir rencontré le diable. Un homme de grande taille, froid comme la pierre, pâle comme un soleil d’hiver, silencieux comme la mort et aux yeux rouge comme le sang. Il ne se déplaçait que de nuit et au nord de la Norvège, la nuit dure pendant des mois. Il me captura lorsque le jour commençait à revenir. « Je n’aime pas me priver trop longtemps et les voyageurs qui passent par ma grotte se font trop rare à mon goût » furent ses paroles si ma mémoire est bonne. La sensation de la morsure était insoutenable au début, surtout avec son appétit d’ogre. Akakios peut dire ce qu’il veut, mais je l’ai toujours connu gros mangeur. Ou buveur, comme vous le voudrez.

Certes période est assez floue pour moi, mais je pense que nos vie humaines le sont pour nous tous. Toujours est-il que je me souviens d’un homme étrange, calme, mesuré, froid et en même temps prompt aux éclats de colères, capable de faire preuve d’une cruauté et d’une violence sans borne. La compassion n’est pas vraiment dans sa nature. J’appris beaucoup de lui, en particulier sur les civilisations du sud. Lorsqu’il me demanda de lui rendre la pareille, je le fis de bon cœur et lui enseigna mes coutumes, mes traditions, mes croyances et l’aida à corriger les fautes qu’il faisait dans ma langue. Je restai avec lui tout au long du Long Jour et lorsque la nuit revint, il me laissa la vie sauve et me fit repartir sur la route. Je voulu retourner sur mes terres, avide des richesses dont semblait jouir les civilisations dont il m’avait parlé. Je fus chassé, les miens essayant de m’abattre à vue. Je retournai alors vers Akakios et il m’offrit quelque chose dont je n’aurais jamais osé rêver. Pour passer le temps, qu’il disait. Mais quelque part, je pense qu’il souffrait profondément de sa solitude et d’une perte dont il n’a jamais voulu me parler. Je n’ai pas été sa première tentative, il semblerait. Je fus cependant sa première réussite. Avec le recul de tous ces siècles derrière moi et après avoir infenté à mon tour, je pense qu’il ne suffit pas de vouloir changer quelqu’un. Il faut vouloir lui offrir le même cadeau que celui qui nous a été offert par notre Père. Et vouloir la partager avec lui.

L’éternité.


Notes.

Erik est un imbécile beaucoup trop sensible pour son propre bien. Il fut peut être mon premier Infant, mais parfois je me demande si j’ai bien fait. Il revient régulièrement se mettre dans mes pattes pour mon plus grand déplaisir. Oui, Erik. Si un jour tu lis ce journal, tu sauras que je pense chacun de ces mots. Et non. Je n’arrêterais jamais d’écorcher ton nom ♥

*****

Il sent un courant d’air lui chatouiller la nuque. La sensation est infime et ce qu’il apprend sur le grand Vampire est trop intéressant pour qu’il ne lève les yeux. Il tourne un plus gros pavé cette fois, pour aller découvrir d’autres périodes de l’histoire de l’humanité à travers les témoignages sur la vie de son maître.

*****

Josef Mengele 15 novembre 1943. Camp d’Auschwitz-Birkenau.

Des ordres sont arrivés de Berlin ce matin. Un nouveau chercheur va être affecté à notre unité, mais il recevra un traitement particulier. L’étrangeté de la chose m’oblige à demander confirmation à la capitale. Qu’un homme soit autorisé à faire sortir des femmes et des enfants destinés aux chambres à gaz me semble suspect.

Josef Mengele 4 décembre 1943. Camp d’Auschwitz-Birkenau.

Un message confirmant l’authenticité des ordres concernant notre nouvel et étrange collègue est arrivé. À chacune de ses demandes, un groupe de 5 femmes et enfants en état de santé corrects seront donc envoyés à son laboratoire, autant que possible avec des liens de parentés. Je consignerais ici les noms de ceux qui lui seront amenés.

Josef Mengele 18 janvier 1944. Camp d’Auschwitz-Birkenau.

Troisième livraison :
Sichel Hirsch
Wolff Lazard
Jidel Lazard
Keitlé Lazard
Betlen Netter

Témoignage de Wolff Lazard, ancien déporté. 1982.

Son nom n’est pas resté dans l’Histoire. Il n’apparait dans aucun livre. Mais moi je vais vous parler d’un homme, d’un monstre et d’un ange.

Akakios.

C’est le seul nom qu’il nous a donné. J’ai appris plus tard qu’il était d’origine grecque. Je n’ai jamais entendu de faille dans l’allemand qu’il parlait presque trop bien pour en être natif. Lorsque nous sommes arrivés à Auschwitz avec ma mère qui était enceinte et ma sœur par un train rempli de nos semblables, nous avions tous cette peur qui vous dévore l’estomac à vous en faire vomir. Nous savions tous ce qui nous attendait au bout de la file. Les camps n’étaient un secret pour personne. Nous fûmes sélectionnés avec ma mère, ma sœur, une adolescente et un orphelin pour faire partie de la première livraison pour Akakios. Nous ne savions bien sûr pas ce qui nous attendait, et pourquoi on nous a fait sortir du camp alors que nous venions tout juste d’y rentrer.

Akakios occupait une grande maison réquisitionnée pour son utilisation personnelle autant que professionnelle. Toutes les fenêtres avaient été barricadées à l’exception d’un dortoir à l’étage. À notre arrivée, les soldats Nazis nous enfermèrent dans une pièce complètement aveugle et sans aucune lumière du rez-de-chaussée. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là, mais lorsque la porte s’ouvrit, ils étaient déjà partis. La lumière soudaine nous éblouit quelques secondes et déforma notre vision le temps de découvrir le personnage qui allait s’occuper de nous. Je me souviens d’une silhouette haute et fine mais dégageant une puissance terrible. Deux lueurs rouges brillaient dans un visage qui ne semblait pas fait pour sourire. Cette première vision me terrifia plus que toutes les histoires que j’ai pu entendre sur les camps.

Il nous fit signe de le suivre sans un mot et chacun de nous s’exécuta dans l’instant. Il avait cette aura d’autorité qui ne peut souffrir d’aucune désobéissance. La surprise passée, l’adolescente qui était avec nous - Betlen si ma mémoire est bonne - tenta de s’échapper. La vitesse avec laquelle il la rattrapa et la remis en rang sans un seul mot était irréelle et plus personne n’osa dévier du chemin sur lequel il nous menait. Il nous conduit à l’étage et le dortoir avec les fenêtres qui donnait une vue sur la cour de la maison. Attenant à la pièce était une petite salle de bain. Il fit couler de l’eau toujours sans un mot surement pour nous prouver que ce n’était pas une chambre à gaz. Il sortit ensuite de la chambre en annonçant que le souper serait servi une heure plus tard et que nous devions être propres et changé d’ici là. Des vêtements de toutes tailles étaient soigneusement rangés dans une grande armoire pour notre usage. Ils étaient vieux mais toujours en bon état. Le repas qu’il nous servit n’était pas exceptionnel, mais avec le traitement que nous avions reçu, il nous sembla avaler un véritable festin. Il y avait de la viande ! Un sanglier fondant à souhait et des patates baignant dans son jus. Je n’ai jamais mangé un repas aussi excellent de toute ma vie, même si le niveau d’Akakios en cuisine laissait franchement à désirer.

Il nous renvoya ensuite dans notre dortoir avec ses lits chauds et moelleux. Ce n’est que le lendemain qu’il nous annonça le terrible prix de notre situation. L’un de nous devait se sacrifier pour ses recherches et les autres seraient libérés, récupérés par le réseau de résistance dont il faisait partie. Du haut de mes huit ans, je me suis proposé pour sauver ma sœur et  ma mère.  Il ne m’accorda pas un regard et en refusant de prendre la vie d’un enfant. Il ne restait donc que ma mère et Betlen. Refusant  que la jeune fille soit sacrifiée, ma mère se proposa en sacrifice, espérant que le fait qu’elle soit enceinte lui sauverait la vie. Ce ne fut bien sûr pas le cas.

À peine un mois plus tard, ma mère donnait naissance à une petite fille et perdait la vie des suites des expériences qu’il réalisa sur elle. Je n’ai jamais vu son laboratoire. Et aucun son n’en sortait jamais. Il nomma ma sœur Agape. Lorsqu’un camion vint nous chercher, ma sœur et moi ne voulions pas le quitter. Malgré le fait qu’il a pris la vie de notre mère sans aucune ombre de remord ou de compassion, Akakios était doux avec nous. Pas vraiment comme un père, ni comme un maître… plutôt comme un protecteur. La vie était douce malgré les horreurs qui se passaient seulement à quelques kilomètres de là. Les odeurs du four arrivaient souvent jusqu’à nous. Nous étions en sécurité et n’imaginions pas recommencer une vie de fuite avec le risque d’être pris à nouveau. Il refusa catégoriquement au début, puis finit par céder en acceptant que seul l’un de nous reste avec lui. Je laissais alors ma jeune sœur sous sa protection.

Je ne vécus pas la suite mais Jidel me la raconta lorsque nous nous sommes retrouvés quinze ans plus tard. Les groupe de déportés se succédèrent les uns après les autres au rythme plus ou moins régulier de deux groupes par mois. Il répétait le même schéma à chaque fois. Un sacrifié, quatre survivants, un nouveau rapport pour Mengele sur ses expériences. Jidel s’occupa beaucoup d’Agape et lorsque l’armée rouge vint libérer Auschwitz, elle s’empara également de la maison d’Akakios. Il disparut dans la nuit juste avant, abandonnant les derniers arrivés et ma sœur et emportant la petite Agape. Jidel me raconta qu’il semblait aimer la petite, ses yeux se chargeant de chaleur seulement pour elle.

Je n’ai jamais revu ni l’un ni l’autre.

*****

Akakios s’avance derrière la créature affairé sur son journal. Sans un bruit, il se penche par-dessus son épaule pour chuchoter à son oreille d’une voix aussi mielleuse que glaciale.

- Que fais-tu petit Manticore ?

Le jeune homme sursaute et se tourne vivement vers son maître, apeuré.

- R… rien, Maître. J’ai fait tomber votre journal en rangeant votre bureau alors…. Je le remets en ordre.

Le visage inexpressif, il caresse la nuque du Manticore du bout de ses doigts, ses ongles longs parfaitement entretenus et acérés griffant doucement sa peau.

- En as-tu lu le contenu ?

L’angoisse est palpable chez le serviteur et augmente au fur et à mesure que la main du Vampire saisit sa nuque.

- Seu- seulement des brides Maître… R-rien de très important.

Il le contourne pour s’appuyer au bureau, face au Manticore. Il prend son menton entre ses doigts froids et lui fait relever la tête.

- Il n’y a rien durant ma non-vie qui n’ait été important, petite créature. J’ai peur de ne pas pouvoir te laisser en vie.

A la vitesse irréelle dont seuls les Vampires sont capable, il le saisit à la gorge et le soulève à moitié de sa chaise. Ses lèvres sont ourlées en un joli sourire rendu macabre par le regard qu’il pose sur sa victime.

- Mais tu le sais déjà, n’est-ce pas ?

La terreur qui se lit dans le regard du Manticore tire un sourire chaleureux au Vampire, contrastant avec la lueur cruelle qui brille dans ses yeux. Doucement, il resserre sa prise sur la gorge de la créature qui tente en vain de se débattre. Bientôt, l’air n’atteint plus ses poumons et la vie quitte son corps. Akakios le laisse retomber sur la chaise, et à peine une caresse sur la joue du mort désintègre sa carcasse encore chaude et ne laisse comme seule trace de son passage un tas de cendre sur l’assise et le sol.

Ignorant les résidus d’une existence qui lui importait peu, le Vampire saisit le journal toujours ouvert sur le bureau et en feuillète quelques pages. Une expression d’infinie tendresse se peint sur son visage lorsqu’il arrive aux premiers extraits qu’il a compilé, souvenirs d’une époque révolue où son cœur battait encore.

Il range le livre sur une étagère, et va pour quitter la pièce. Juste avant de passer la porte, il se retourne sur ce qui fut son serviteur et laisse échapper un soupire consterné.

- Dommage. J’en avais trouvé un efficace pour une fois. Et maintenant, j’ai faim.

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Akakios L. Phaidros

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