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Lacrimosa

Forum futuriste de vampires, humains, goules, metamorphes et humains à dons axé autour d'une guerre inter-race et d'un fléau qu'est le Lacrimosa au sein de la ville de Pandémonium.
 


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 Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.

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Zephyr Sinister

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MessageSujet: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Lun 16 Nov - 8:16

[Cinq ans plus tôt]


Bam... bam...bam... et bam. Tout ce foutoir.  Qu'est ce qui foutait un bruit pareil ? A moitié réveillé, Zephyr ouvrit les yeux, et au prix d'un éclatant courage, rassemblant une force qui confinait au surhumain, il repoussa la couverture sous laquelle il était retranché. Première constatation : le bam bam assourdissant, c'était son propre cœur qui pulsait. Ok, jusque là tout va bien. Deuxième constatation : On était entre nuit et jour. Certes, c'est pas comme si la différence entre les deux était super flagrante, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, ma foi. Oh ? Sans déconner, un réveil si tôt ? A l'aube, pour ainsi dire ? La migraine latente mais légèrement émerveillé par la prouesse, il se redressa, tourna les yeux vers l'horloge, presque en train de se dire que pour fêter ça, il allait peut-être même se rendre en cours, tiens pourquoi pas, ça serait original comme activité, ça faisait bien une semaine que.... L'honorable projet presque en construction tourna court assez vite lorsqu'il enquilla que oui oui, on était à un horaire entre nuit et jour... horaire plus communément appelé soirée.

Ah.

Plutôt balèze, cette fois. Il avait dormi toute la journée, et il avait passé suffisamment d'années au sein de sa famille, bientôt quinze précisément, pour s'épargner la peine de se demander pourquoi personne ne l'avait réveillé. Ah ben, peut-être que tout le monde s'en tamponne, en fait, oui, non, vous reviendrez en deuxième semaine ?
En se redressant, courage éclatant force surhumaine tout ça tout ça, une saloperie de cloche de cathédrale s'agita dans sa tête. Ah-ouch. Pas étonnant, avec l'overdose de sommeil qu'il venait de bouffer.
Il s'était pieuté sobre, en plus. Il méritait pas ça. Y'a pas de justice.
Arrivé à ce stade d'envolée philosophique, Caliméro attrapa ses vêtements au radar. Ce radar était un compagnon fidèle ♥  Pendant des années, et depuis qu'il avait atteint la taille requise pour pouvoir attraper une poignée de porte, le GPS intégré avait été calibré pour aller droit à la chambre de son frère, chemin emprunté mille fois par tranche de vingt-quatre heures, pour tout et pour rien, parce que le noir était trop sombre, que l'ennui était trop ennuyant, ou que sa chambre abritait soudain une convention de créatures variées. Zephyr s'estimait maintenant à même de botter lui-même le cul du monstre tapi sous son lit – ou dans le placard, il ne savait plus trop – mais parfois, le GPS se rebootait tout seul, et, pensant aller ailleurs, il se retrouvait à la porte d'Eros. Généralement, ça ne prêtait pas trop à conséquence, mais quelques semaines auparavant, ça lui avait valu un pur moment d'horreur. Bon, ok, son trop jeune organisme s'accordait mal avec l'alcool et il n'avait pas eu les yeux forcément en face des trous, ça pouvait excuser la méprise complètement atroce, mais figurez-vous que pendant une épouvantable seconde, il avait cru que son grand frère se tapait Or-....

….!!!

Son esprit embrumé se réveilla d'un coup. Il avait prévu de voir Orphée ce soir, il lui avait même fait tout un cirque pour obtenir de passer la soirée avec lui. Pas question d'arriver à la bourre – et quand on sait à quel point le retard est un grand classique dans le quotidien de Zephyr, on peut situer le degré d'importance que la soirée avait pour lui. Son cousin, c'était presque comme son grand frère. Et la présence de l'un comme de l'autre se faisait plus rare, ces dernières années. Autant dire qu'il était prêt à rouler dans les deux sens et à foutre tout le reste au placard – avec le monstre – pour une occasion comme celle-là. Et puis c'était juste classe. Ok, pas autant qu'Eros, mais il perçevait son cousin comme cool et trash, et il était carrément plus âgé que lui, alors sa compagnie, forcément, était valorisante au possible.
Pour ne pas arriver en retard, il fit joyeusement l'impasse sur la salle de bains et se contenta d'enfiler rapidement ses vêtements. En revanche, il fit un arrêt devant la porte de son frère. Alors oui, preuve que Zephyr tire quand même de temps en temps des enseignements de ses mésaventures, ou alors juste par instinct de préservation –  un court-circuitage du cerveau lui avait suffi pour toute une vie – il frappa à la porte. Une fois. Deux fois... Eh. Eros n'était pas là dedans, ou alors il n'était pas tout seul. Avec sa copine plate par exemple. Ou une autre hein, depuis le temps, il avait peut-être changé. Mais il aurait tout de même répondu, s'pas ? Sauf s'il était occupé à des activités crades. Irk. Dans le doute...

« J'peux entrer sans me cramer les yeux sur les flammes de l'enfer ? »

Toujours rien. Bon. Il actionna la poignée, entrouvrit la porte et risqua un regard pour balayer les lieux du regard. C'était vide. Une moue de déception plus tard, il referma. Il n'était peut-être pas rentré, ou peut-être sorti.

La destination suivante était la porte d'entrée, et sur le chemin, il passa impérialement devant toute pièce éclairée qui semblait investie de... oh, de 'vie', ça serait peut-être beaucoup dire. Disons, qu'il y avait là quelque chose qui faisait acte de présence. Ceci dit, ça ne l'empêcha pas, une fois dans l'entrée, de lancer à voix haute, dans le silence plombant de la maison :

« Hé, je me tire ! »

Il attendit, sans obtenir rien d'autre que la nouvelle manifestation d'un silence opaque à peine égratigné par les très légers bruits furtifs qui attestaient d'une activité effective dans la bâtisse. Humpf. Il fronça le nez et beugla un ton plus haut :

« … Et je reviendrai super tard ! »

A nouveau quelques secondes aux aguets, pour.... Rien. Que dalle. Maccache walou petit caribou. Une dernière tentative dans un éclat de décibels.

« J'VAIS SUREMENT RESTER TOOUUUTE LA FOUTUE NUIT DEHORS. »

L'injonction se voulait résolument ferme, voire chargé d'une légère nuance d'avertissement, mais évidemment, quand t'es dans cette tranche d'âge bien ingrate, avec la voix qui se barre en cahouète, de suite ça perd en impact, hein. De toute façon, pour l'effet que ça avait… ben toujours rien.  L'avait pourtant sorti l'artillerie lourde avec le foutue. Peut-être qu'il serait plus visible avec des plumes d'autruche dans le derche, mais c'est pas comme s'il y avait la blinde d'autruches à déplumer, dans le coin.
De mauvais poil, il tira la lourde porte pour quitter l'enceinte de la maison, et se paya le luxe de la claquer derrière lui. Sérieusement, quoi ! Dire qu'il y en a qui, pour s'esquiver de chez eux, doivent se barrer à la discrète par une fenêtre... Bon, certes, il avait l'habitude. Il n'y en avait toujours eu que pour Eros, qui avait eu le bon goût de naître avant. Néanmoins, aurait-il pu échanger sa place avec la sienne qu'il n'aurait pas voulu. Il tenait bien trop à son grand frère pour désirer une place où il ne l'aurait pas eu, et s'il était un poil jaloux de quelqu'un, c'était plutôt d'Orphée, qui bénéficiait de beaucoup, beaucoup du temps libre d'Eros. Dommage que celui-ci soit si occupé maintenant, mais ce soir, il avait aussi l'espoir qu'il soit là. Il traînait si souvent avec Orphée, ça n'avait rien d'impossible... Tiens bah, c'est sur hein, qu'à constamment les voir ensemble, pas étonnant qu'il se soit imaginé voir d... Ah mais merde, non ! Est ce que la réminiscence de cette putain d'hallucination allait finir par se barrer un jour, oui ?!


Il avait tout juste le temps de se rendre là où il avait lourdement insisté pour retrouver Orphée. A dire vrai, autant le début du trajet avait été fait au pas de course, autant le rythme s'était singulièrement ralenti en entrant dans cette partie-là. Il n'avait que très rarement mis les pieds dans ce quartier, et jamais à ce point de chute précis. Ça semblait assez glauque, en fait. Toute la zone était glauque. Et absolument dégueulasse. Beaucoup plus que ce qu'il avait imaginé. Mais surtout, et c'était ce qui lui importait bien davantage que toute autre considération, c'était bien plus badass que ce qui se trouvait ailleurs, parce que Zephyr avait presque quinze ans, et qu'il était aussi con qu'on peut l'être à cet âge.
…. Ouais. Bon. Entrer tout seul dans cet endroit cradingue le motivait moyennement, tout compte fait. Il allait plutôt attendre Orphée dehors.
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Quon Peacock

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Lun 16 Nov - 10:39

La pile où on vit, ma mère et moi, n'a rien d'un endroit sympathique. C'est un vieux trou à rat, au sixième mobile-home empilé dans l'allée quarante-quatre. Elle a le canapé en bas, une grosse couverture, et moi je me contente du coin le plus casse-gueule. Ouais, le vieux lit au-dessus du côté conducteur. Celui où tu n'oses pas péter de peur de faire vaciller ton propre mobile-home et tout le reste de la pile avec. Si vous demandez à Adonis - ce salopard - il vous dira qu'il a tout fait pour tirer ma mère de sa décrépitude.

Rien du tout. La vérité, c'est qu'il espère surtout qu'elle crève avant d'avoir un rebond de vitalité, et de faire éclater le scandale en plein jour. Se reproduire entre cousins, ce n'est pas vraiment honteux, les Sinister ont fait bien pire à travers le temps. En revanche, se reproduire entre cousins le soir de son mariage avec une très grosse fortune de la ville... ça, c'est une erreur qu'on ne pardonnerait pas même à Adonis. Une erreur. Voilà, c'est moi.

Quand on emmène Popol au cirque sans lui mettre son chapeau, ça fait des bébés. Manque de pot, j'ai bien grandi, je suis malingre, je crève la dalle à longueur de journée, mais je suis bien là. Et ça, le père Sinister, ça l'énerve. Je crois que ça l'énerve plus encore que Eros et moi soyons toujours collés ensembles. Il faut voir la tête qu'il fait lorsque Zephyr envoie son autorité s'étaler sur les murs. Il est tellement jeune, et pourtant il a tellement de caractère...

Je trouve fou qu'il cherche notre compagnie, il a la force et le charisme d'aller botter le cul de bien plus fort que Eros et moi. Lui se soumet à son père, et moi, je décrépis sous la torture psychologique de ma mère. Récemment, j'ai trouvé un emploi. Enfin, je crois que c'en est un. Dans le vieux pub de la Benne, ils cherchaient quelqu'un pour essuyer les verres et les remplir avec de la bière de synthèse. Depuis qu'ils ont découvert que si tout le monde chopait l'herpès là-bas c'était parce que l'ancien barman crachait dans les verres pour les faire briller, les clients se font rares.

Enfin, ce soir, pas de travail. J'ai invité Zephyr à sortir de sa splendide demeure familiale pour venir discuter, boire un coup, et me raconter les derniers potins. Eros est trop occupé à passer au travers de la colère du Pater Familias pour savoir ce qui se trame chez nous. Zephyr, lui, a toujours des choses marrantes à me raconter. Bon, même si parfois, ce qu'il trouve drôle me met... sacrément mal à l'aise. Comme la fois où il a cassé la gueule de son camarade de classe. Il devrait devenir chasseur. Ou éleveur de ghouls. Pour ce qu'il en reste, il aurait assez de chien pour les dresser toutes.

Je suis assis à la seule table où il n'y a pas de miettes ou de reste de consommations. La fenêtre tout en haut ne donne que sur un morceau mort des piles. La musique qui passe est un mélange de sons difformes et de cacophonie de mauvais goûts. Du "rock robotique". Autant dire que je préfère noyer mes oreilles dans une première pinte, attendant le petit dernier chéri des Sinister. J'ai mal au crâne, le coeur qui tabasse les côtes. Zephyr, c'est pas un ado facile. Ma langue n'a pas fourché depuis que je fréquente Eros, mais je dois faire attention à ne pas lui mettre la puce à l'oreille.

Je ne sais pas de quoi il serait capable. Il est aussi impulsif et imprévisible que... ma mère sans ses cachets.

Bon. Il tarde un peu. Je lève mes fesses osseuses du barril qui me sert de chaise, et passe la tête par la porte d'entrée. Ah. Le voilà !

"Tu t'es fait refouler à l'entrée ou quoi ? Entre, au lieu de te cailler le cul."

Je frotte par réflexe les cernes de mon visage marqué, et traîne mon corps tordu jusqu'à la table. Avant, il y avait un vigile à l'entrée. Mais ça, c'était jusqu'à ce que le patron se rende compte qu'en visant les plus jeunes, il avait une chance de se constituer toute une flotte d'alcooliques une fois adultes. Retour sur investissement : deux comas mineurs et trois semaines de cabane. Enfin. Zephyr a l'air à peu près adulte. Et puis, personne ne s'approchera de moi, ici.

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Zephyr Sinister

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Mar 17 Nov - 11:10

Il en était à scruter les alentours en attendant de voir débarquer la silhouette qu'il attendait. Autant que possible, quoi. C'était salement mal éclairé, dans le coin. C'est pas qu'on se sentait comme dans le trou du cul de la ville, mais... Si, c'était précisément ça. Obscur et nauséabond au possible, et malgré le fait que Zephyr soit quand même loin d'être bégueule, il préférait ne pas trop savoir de quoi au juste était faite la texture qui tapissait le sol aux alentours de cet établissement, même s'il supposait vaguement que consommer un truc dans un rade comme celui-là, c'était prendre un aller simple pour le joyeux pays du dégueulage de tripes à la sortie. Il était content d'être là. Ouais non alors le cheminement de pensée peut paraître bizarre, certes, mais la corrélation est... Bon, bref.
Il en était là de ses réflexions quand la voix familière avait attiré son attention, et qu'il eut constaté la présence d'Orphée. Ah. Il pouvait toujours attendre à l'extérieur, hein.

« C'est ça, ouais. Je t'attendais. J'ai cru que j'étais en avance. »

Il tâcha d'adopter un air blasé. Refouler à l'entrée, oh, sérieux ? Mais pas de réplique supplémentaire, et encore moins si c'était pour avouer qu'il nétait juste pas du tout rassuré à l'idée de s'aventurer là-dedans tout seul. Le problème ne se posait plus, et il le suivit à l'intérieur, en balayant d'un regard vif l'intégralité des lieux.

« C'est complètement archi-dégueulasse. »

Le genre de constatation qu'on imagine émise sur un ton écoeuré, mais là, non, lui, non. Il était absolument ravi. Ouah trop bien, c'est répugnant ! Ah bah, oui hein. C'était tellement éloigné de son environnement que ça ne pouvait être que cool. A l'âge le plus con qui soit, à quoi d'autre s'attendre. Encore que de toute façon, pour la classe et la distinction, en ce qui concerne Zephyr, on repassera. Au moins, l'avantage, c'est qu'il n'y a pas grand chose qui le débecte. Il se contenta de le suivre.

Non, pas de souci, il était plutôt à l'aise dans ce lieu.
Mais on ne pouvait pas en dire autant en ce qui concernait le face-à-face avec Orphée.

Bon. Il espérait quand même que passer un moment avec lui allait... atténuer... voire dégager complètement ce léger malaise latent. Parce qu'en soi, il n'y avait pas de raison à le ressentir. Il ne comprenait même pas pourquoi ça lui bouffait la tête. Un coup de pression qui n'avait duré qu'une seconde, juste le temps de revenir de sa méprise. Franchement, ç'aurait été n'importe qui d'autre, il en rirait. Enfin... il supposait, que c'était parce qu'il s'agissait d'eux. C'était malsain, enfin, doublement malsain même – d'ici quelques temps, on pourrait multiplier encore le score.

Évidemment, c'était hors de question de lui en faire part, de cette merde-là, à Orphée. Déjà parce qu'à coup sûr, il en serait juste écoeuré, mais aussi parce qu'il pourrait bien se demander à quel point Zephyr avait le bulbe atteint pour se faire des hallucinations du genre – d'autant plus conscient de ça qu'il s'en était inquiété lui-même, hé. Et donner l'impression d'avoir des pensées tordues, c'était bien sûr la dernière chose qu'il voulait. Surtout vis-à-vis d'Orphée, parce qu'à coup sûr, il en toucherait un mot à Eros. Et... Paraître bizarre aux yeux de son grand frère ? Alors là. Merde, non, jamais ! Zephyr avait à cœur sa propre image, ce n'était pas d'hier, mais aucune paire d'yeux ni aucune perception n'avait davantage d'importance pour lui que celles d'Eros. D'accord, il se serait tailladé la langue plutôt que de le verbaliser, mais s'il y avait bien un truc qui n'avait pas évolué chez lui, c'était bien cette avidité d'attention et d'approbation de son frangin.

Tant et si bien que finalement, après un triple scan complet des lieux, il se décida à fixer son regard sur son très efflanqué interlocuteur. C'était quoi, le terme juste, déjà ? Trash. Ah, ouais, et cool. On ne pouvait pas lui retirer, même si à ses yeux, la coolitude d'Orphée tenait surtout au fait qu'il se tamponnait royalement de toute forme de bienséance et de préétablis. Il tenait ça pour de la désinvolture assumée, et il trouvait ça classe. Mais faut avouer, de suite dans l'instant, c'est le trash qui claque.

« T'as une putain de tronche de déterré. Tu devrais passer plus à la maison. Hé, du coup je verrais ptêt Eros de temps en temps, vu que vous vous décollez pas. Encore que là, j'suppose qu'il a encore moins de foutue dispo, enfin, t'sais. Avec sa... »

C'est pas mal. Exploser son record négatif de tact et dégommer jusqu'au concept de subtilité, en quelques phrases à peine. Ceci dit, il était plutôt satisfait d'avoir réussi à mentionner l'aspect proximal sans que ça paraisse involontairement bourré de sous-entendus immondes. Pour le reste... C'était sorti tout seul, mais au fond, il avait juste envie qu'Orphée lui confirme l'existence de la fille, puisqu'après tout, si quelqu'un était au courant, c'était forcément lui. La pêche aux infos était aussi aérienne qu'un trente tonnes et aussi discrète qu'un feu d'artifice, et pourtant, hein, s'il avait su à quel point il était loin de la vérité ; pire encore : s'il avait su à quel point il ne voulait surtout pas l'entendre, cette vérité... Shhh, il faut le laisser dormir ♥
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Quon Peacock

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Mer 18 Nov - 14:10

J'aime bien, quand il fait sa princesse. Zephyr est à l'image de tout ce qu'Adonis a pu foirer dans sa vie. S'il est riche à en écoeurer les habitants de la Benne, il est aussi grossier. Malpoli, violent, et très sensible à ce qu'on pense de lui. Il peut se cacher derrière son air renfrogné et ses poings serrés, nous, il ne nous trompe pas. De quoi il a honte ici ? Parmi les alcooliques et les pilliers de bars, le gosse de riche aux moeurs douteuses fait figure de roi.

"C'est complètement archi-dégueulasse."

Ca, c'est pas moi qui te dirai le contraire petit. L'endroit est effectivement répugnant de crasse. Le barman pue les dessous de bras - pas moi, l'autre barman - le sol n'a plus de couleur définie, manger des chips revient à risquer de rester collé aux toilettes et le Hobbit Home tout entier pue le tabac, les herbes et les drogues traditionnelles. Ici, personne n'a les moyens de se payer du Lacrimosa.

Il n'y a que des défoncés aux poches troués. Ceux qui font passer le bédo de bouche en bouche. Quant aux tables, je ne sais pas qui risquerait d'y aligner de la poudre, à part un inconscient un jour de paye. Enfin. Je me rassois sur mon baril, enlève mes chaussures, et pose mes chaussettes trouées sur le bord de mon assise, le menton posé sur les genoux. J'observe Zephyr d'un oeil légèrement absent. Combien de temps va-t-on pouvoir continuer à faire semblant, Eros et moi ?

Personne ne sait. Ma mère ne sait pas. Personne de notre famille ne nous a jamais surpris. Il n'y a que certains curieux qui fréquentent les soirées bizarres où Eros me traînent qui soupsçonnent qu'entre cousins... Hé. Mais c'est légal. D'abord. Deuxième degré, on a le droit de se vautrer dans le stupre si on veut. Rha, merde. Je tape sur la table, lorsque Zephyr me compliment pour mon teint.

"Ici, ya que de la mauvaise bière. Hé Harvy ! Arranges-toi pour qu'on ait plus de pétillante que de mousse cette fois !"

Le barman, qui doit être à peine plus âgé que Zephyr, m'offre un ricannement ridicule. Il cache l'acné qui lui dévore le côté droit du visage sous une mèche de cheveux blonds et gras. Je cille, remettant les paroles de Zephyr dans l'ordre. Moins de dispos ? Avec sa... Sa quoi ?

Je fixe le petit en fronçant les sourcils, sens ma gorge se serrer. Sa quoi ? Sa Syphillis ? Sa chaude-pisse ? Sa place de gigolo dans un bar glauque ? Sa bourse de fils à papa ? Nom de Dieu où est-ce que Eros a pu encore se - putain - de foutre ?

"Je l'ai pas vu depuis trois ou quatre jours. Il était pas chez vous ?"

Je sens mes narines jouer à l'accordéon, la colère tendre mes épaules et mes bras. La bière arrive, mousseuse jusqu'au tiers. Bon, yen a les deux autres tiers de buvables. Je fixe Zephyr avec l'air de Dracula dans le film de Tod Browning. Les yeux cernés, la bouche secouée de tics. Eros s'est éloigné de moi pendant quelques jours parce qu'il avait du travail selon lui. Alors sa quoi ?

"Il a dû aller dépenser sa paye."

C'est ça. Fait l'andouille. Je barbote dans ma pinte au goût de flotte amère. Ca, ou alors Zephyr a entendu des rumeurs d'Adonis et les répète sagement. Le pater est très fort pour ce genre de combines. Il laisse traîner un pet de couloir, il attend qu'il se propage, et quand ça commence à puer pour les autres, il est déjà très loin.

"T'avais pas école aujourd'hui ?"

Un prêté pour un rendu. Il me pique, je réplique. C'est pas mature, il n'y est pour rien ce pauvre Zephyr si Eros n'a pas donné signe de vie depuis quelques jours. Il n'est pour rien dans pas mal de choses qui, de toute façon, finissent par lui retomber sur la gueule.
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Zephyr Sinister

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Sam 21 Nov - 11:01



... S'il avait... école... aujourd'hui.
Ça, c'est un affront.

Ouuh, que c'est bas. Orphée frappe sous la ceinture, c'est pas joli mais c'est efficace. Zephyr ne s'attendait pas à l'offensive, et accusa le coup ; son expression se crispa, et une seconde plus tard, il cingla une réponse colorée, avec une hargne à peine dissimulée.

« Merde, ouais. Allez c'est pas grave, je dirais que j'étais à l'enterrement de mon cousin. J'aurais qu à montrer un portrait de ta face de cadavre ambulant pour qu'ils me présentent leurs putains de condoléances. »

Avec quelques années de plus, il aurait certainement ponctué le tout d'un 'espèce de connard vérolé', mais si certes à cette époque il était déjà bien agressif, il n'avait pas encore atteint son plein potentiel de vulgarité. Ni de répartie, pas plus que de subtilité, soit dit en passant, encore que de la subtilité, il n'en possèderait jamais réellement. On lui flanque un coup de bâton, il mord le bâton. Point.

Encore qu'en soi, ç'aurait presque pu être convaincant, si seulement il n'avait pas ruiné l'effet en répliquant quelque chose de bien mature, sur ce ton buté et imbuvable qui reste l'apanage absolu d'une tranche d'âge tout aussi exaspérante. Disons treize/seize à la louche.

« J'y vais pas, ça me fait chier, j'en ai rien à foutre, de tout façon. »

Voilà, merci pour cette tranche de crédibilité.
Le poil hérissé, il sonda un instant la lavasse tout juste servie. Aussi engageant que tout le reste, mais Zephyr et la délicatesse, hein... Une gorgée de la chose lui arracha un vilain mot, mais les considérations de goût étaient secondaires, maintenant que le reste, momentanément balayé par l'ignoble outrage, revenait, éloquent dans ses sous-entendus. Alors Orphée n'avait pas vu Eros depuis plusieurs jours. Pour être absolument honnête, Zephyr ne pouvait pas vraiment répondre avec certitude. Il n'avait lui-même pas été franchement présent dans la maison familiale ces derniers jours, alors affirmer que son aîné y passait son temps ou n'y mettait pas les pieds, c'était tendu. Néanmoins, il en ressentait un certain dépit. Si, en sachant que, pour une fois, Eros n'avait pas passé son temps avec Orphée et qu'il avait été disponible, Zephyr en aurait profité pour saisir l'occasion de squatter le périmètre autour de son grand frère. Mais il n'en avait pas eu connaissance.
Après, peut-être qu'Eros avait en effet été occupé ailleurs. Mais lui, il l'avait mauvaise, là. Orphée lui avait parlé comme à un môme, et Zephyr détestait ça. Même si globalement, hein, c'est ce qu'il était.

Il avait noté le froncement de sourcil, sans pour autant définir s'il avait été la manifestation d'une pointe de perplexité ou d'une désapprobation. Spontanément – parce que Zephyr, n'est ce pas, ne réfléchit généralement pas plus que ça – il avait tendance à pencher pour la seconde. Eh bah alors ? Ça te fait chier de pas savoir où traîne Eros sans toi, c'est ça ? Il se fit donc un plaisir d'affirmer que...

« Eros, il doit être à temps plein chez sa copine, surement. C'est marrant d'ailleurs, je pensais pas que ça allait durer si longtemps, mais ça a l'air putain de sérieux puisqu'il la ramène à la maison. »

Il plissa légèrement les yeux. Il était mal à l'aise à cette mention qui le renvoyait à des trucs auxquels il n'avait pas la moindre envie de cogiter. A la place, il en rajouta une couche.

« Je crois pas, quand même. Elle est carrément pas assez bien pour lui. Mon frère, il a juste qu'à claquer des doigts pour avoir n'importe quelle fille mille fois mieux que celle-là. »

Parce que sans vouloir rentrer dans les détails, paie ton sac d'os, plate de surcroit. Limite un bonhomme. Zephyr espérait que de près, elle soit plus féminine que de loin. Mais il y avait plus emmerdant encore.

« En plus, merde, il se la tape, ça en dit long sur la moralité. Une fille qui s'allonge aussi vite, ça a mauvais genre. De toute façon, il en parle pas, c'est qu'il doit en avoir honte. Et puis, il épousera pas la première putasse venue, t'imagines. Ma mère ferait une syncope et mon père pousserait surement une putain de gueulante.»

Zephyr, quand il veut y croire, il y croit. Parce qu'il était quand même en train de s'insurger contre les mœurs d'une demoiselle qui n'avait d'existence que dans sa tête, mais il fallait bien avouer que ça donnait à la susnommée une certaine... consistance. Si. Au moins pour lui-même.
Il finit par la boucler tout de même un instant, le temps de réussir à déterminer si le liquide tenait davantage de la bière ou de l'eau du bain d'un être particulièrement sale. S'il était toujours content d'être là ? Absolument.
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Quon Peacock

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Jeu 26 Nov - 20:31

Je sens mon visage s'étirer d'un sourire mordant. J'aime ce côté-là de Zephyr : il a le cran d'envoyer se faire foutre tous ceux qui ne lui reviennent pas. Cela dit, je ne l'ai jamais vu insulter de front le paternel, je me demande quelle tronche il tirerait si Adonis venait à se rendre compte qu'il crache sur l'éducation de la famille. Une tronche de cadavre ambulant, c'est plutôt ça ouais. Le mobile-home de ma mère a une fuite monstrueuse au plafond depuis trois semaines, je me caille le cul dès que je me déshabille, me laver est donc une priorité secondaire. Dormir ? Quand je suis épuisé. Sans ça, je dors pas.

Il ne devrait pas "en avoir rien à foutre", le paternel a une centrale, de quoi faire en sorte de rendre très riche son héritier. Zephyr a dû partir du même principe que tous les Sinister : Eros reprendra la tête de tout ce qui appartient à son père. Histoires de merde comprises.

Je l'écoute silencieusement, goûtant du bout des lèvres la bière acide et savonneuse. Elle est à la fois trop forte en alcool et très pauvre en goût. Une pisse d'ivrogne aurait plus de goût que ça.

La cracher, ça ne fait donc qu'un petit gâchis.

Je tousse, postillonne une gorgée de roteuse sur la table, me couvrant à la fois d'une pincée de honte et d'une bonne proportion de bave. Eros chez sa copine ? Alors ça. Mon cul.

Mon cul. Il ne ramène personne à la maison, ce salopard de coureur de jupons. Ouais ça va, il se tape des filles, mais il le fait pas sans que moi je sois servi. Quand il y en a pour elle, il y en a pour moi aussi. Je sais qu'il peut avoir n'importe quelle fille. Il pue le fric et le charisme.

Je sens mes dents grincer douloureusement, exacerber mes mâchoires saillantes, me donner un air de cadavre ambulant, pour de bon. Mon regard se vrille sur Zephyr. Quinze ans. Il a quinze ans, et il voit Eros comme son héros. Le pauvre, s'il savait. Eros est aussi torturé par Adonis qu'il se soumet à son autorité. Qui a-t-il pu ramener dans mon dos ?

Putain. Ca va se payer.

"Elle ressemble à quoi sa putasse ?"

Un moment, très bref, je revois Zephyr avec sa peau grasse et ses tics d'adolescent se comporter comme le roi Caprice. Nom de Dieu, comment sait-il que cette "copine" s'est allongée pour Eros ?

"Minute."

Je pose la paume, à plat, sur le rebord de la bière de Zephyr, me penche dans sa direction. Je sens mes yeux me tirer, mon sourire faux s'incruster si profondément dans mes joues que j'ai la tronche d'un épouvantail un lendemain d'Halloween.

"T'espionnes Eros pendant qu'il couche ?"

Ca sent la merde. Ca sent vraiment la merde, épaisse et grumeleuse. Zephyr en serait capable. De le suivre pendant qu'il sort. De nous suivre à l'occasion. Qu'a-t-il vu exactement ? S'il est parvenu à se glisser dans sa chambre les après-midi que je passe avec Eros, il a du voir qu'on fait plus que jouer aux dames.

Je remonte lentement la paume de ma main le long de mon front, pour dégager les mèches noires épaisses qui me barrent la vue. Zephyr a quinze ans. A cet âge-là, on se limite aux mains aux fesses, non ? Non ? A quel âge est-ce que je suis rentré avec Eros la première fois ? Oh bordel de merde.

Je retire ma main de son brock, ramène mes cheveux en arrière, tremblant légèrement. Eros a une copine. Ca fait mal. Ca me fout en rogne. Putain, il a pas le droit d'avoir une copine. Pas sans m'en parler. Pas sans me la présenter.

Penser que les draps où je me suis allongés avec lui ont servi à... je refuse. Non. C'est non. Vite, boire quelque chose d'autre. Je commande un "strong", autrement dit, n'importe quoi de plus fort que leur pisse d'âne. J'ai besoin d'évacuer la catastrophe.

"Si tu rentres bourré, le pater va t'exploser le nez ou pas ?"

Allez. Une cuite et une galette, et la dette sera effacée. Je ne peux pas cracher dans la bouche de Zephyr pour en faire une Cassandre, mais le faire dégueuler pour payer sa mauvaise nouvelle, ça, je peux.

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Zephyr Sinister

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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.
Dim 6 Déc - 18:50

Ce qui rendait Zephyr particulièrement jouasse en cet instant, c'était de constater qu'Orphée n'avait manifestement aucune idée de ce dont il parlait. Orphée ne savait pas qu'Eros fréquentait quelqu'un, et ça, c'était cool. Pour une fois, Zephyr en savait plus long que lui à propos d'Eros, et même si c'était une information acquise accidentellement et non suite à une confidence, il en était content.

C'était compliqué, avec Orphée. Le sentiment qu'il squattait une trop grande partie du temps et de l'attention d'Eros aurait pu tout bonnement rendre Zephyr jaloux à en crever, ce qui lui aurait au moins permis de rager dans son coin en le détestant cordialement et en souhaitant qu'il disparaisse de l'entourage de son frère. Mais ce n'était pas si simple. Orphée avait beau être une loque maigre, il l'avait toujours admiré. Pas autant qu'Eros, c'était certain, on était loin de l'adoration aveugle qu'il vouait à son grand frère, mais Orphée arrivait juste après. Il lui trouvait une prestance différente mais certaine, un genre de classe destroy qu'il avait souvent essayé d'imiter – il ne l'aurait jamais avoué, cependant. Ce côté déglingué qui allait à l'encontre de toute convenance. Ah. Voilà le terme. Inconvenant.
Il était en train de se dire que c'était un qualificatif assez prout-prout qui ressemblait plus qu'autre chose à ce qui pourrait sortir de la bouche de sa mère quand la voix du concerné le ramena à la réalité.

A quoi elle ressemblait...?
...
A toi, putain. Elle te ressemble à toi.

Il bloqua un instant sur sa réponse, partagé entre faire un rapport objectif à Orphée et ce qu'il perçevait comme l'intégrité d'Eros. L'hésitation fut de courte durée. Pas question de dire que son grand frère se tapait une nana qui n'avait de fille que le nom.

"Oh, bah... j'l'ai vue même pas une seconde. Brune, j'crois. Plutôt mince. Bof, on s'en fout. Une fille, quoi."

Il allait d'ailleurs conclure là cette description des plus fouillées par une gorgée de la lavasse, du moins, avant d'un couvercle de chair ne vienne le lui interdire. Il leva vers Orphée un regard qui se voulait l'incarnation de la blasitude mais qui tenait davantage du poisson crevé, et qui s'attarda un instant sur le sourire de croquemitaine en heures sup' avant de remonter sur les yeux assortis. Pas le temps de claquer un "quoi ??" en mode jappement que LA question tomba.

... Ah oui. Oui, quand même.

Il cilla, assimilant peu à peu toutes les implications d'un concept pareil. Il était en train de lui demander s'il matait les séances de fornication de son frère ? Urg. Rien qu'à l'idée de retomber sur la même scène le fit frôler la nausée. Eros dans un lit avec une fille qui ressemblait douteusement à -non, elle ne lui ressemblait pas. Du tout. N'empêche que la réaction fut épidermique.

“Bordel, mais t'es dérangé ou quoi ?? C'est crade ! J'espionne que dalle, j'suis pas un putain de tordu ! Je me suis planté de porte ! J'ai refermé direct, je sais même pas s'ils s'en sont rendus compte, t'façon. Je crois pas. Ils étaient un peu occupés, s'tu vois.”

Il fronça les sourcils, tenaillé par le regret latent d'avoir abordé le sujet. Survoler ça rapidement, juste pour faire à Orphée un pied du nez du genre nanana-moi-je-sais-et-pas-toi, c'était une chose. Creuser le truc et lui rappeler le gros malaise de sa, hum, méprise, c'en était une autre. Ça, ça lui posait réellement un souci. Il détestait y penser, il détestait toute forme de conversation un peu trop licencieuse, parce que le moindre sous-entendu paillard l'y renvoyait illico. Évidemment, si Eros avait eu la décence de décrocher une blonde, une rousse, et, tant qu'à faire, dotée de hanches et de seins, les choses auraient été différentes. Les allusions sexuelles ne lui auraient pas hérissé le poil et dieu sait qu'avec sa grossièreté coutumière, en traitant le sujet, il aurait pu atteindre des sommets dans l'obscène. Tout compte fait, c'est un mal pour un bien, en somme.

Son verre libéré, il avala une nouvelle gorgée de l'eau de vaisselle, et s'étrangla à moitié en entendant Orphée, et, avec encore le coup de l'école en travers de la gorge, il répliqua aussi sec, sur la défensive.

"C'est pas une foutue bière qui va me coller par terre !"

Bien qu'en réalité... Pas loin. Zephyr avait beau avoir une grande gueule et commencer à s'étoffer, il n'en restait pas moins un gosse, avec un organisme de gosse, qui accusait moyennement le coup de l'alcool, qu'il n'absorbait en fin de compte que depuis peu de temps. Et encore une fois, il prouva de façon éclatante son maintien sans équivoque dans l'âge con en ajoutant.

"Je m'en fous, de ce qu'il dit. Je fais ce que je veux, merde."
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MessageSujet: Re: Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.

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Si ça ressemble à du baby sitting et que ça a le goût du baby sitting, y a de fortes chances que ce soit du baby sitting.

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