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Lacrimosa

Forum futuriste de vampires, humains, goules, metamorphes et humains à dons axé autour d'une guerre inter-race et d'un fléau qu'est le Lacrimosa au sein de la ville de Pandémonium.
 


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 Lendemain difficile... [PV Lukas]

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MessageSujet: Lendemain difficile... [PV Lukas]
Sam 2 Mai - 14:38

Chester fut réveillé quelques heures plus tard par la sensation incroyable d’avoir un corps vivant contre le sien, et d’être chaud, souple, réceptif, et de ne pas souffrir de la soif. C’était presque choquant de se sentir bien à ce point.

Il caressa du pouce la nuque de Lukas qui dormait toujours dans ses bras. Puis il le relâcha en douceur sans le réveiller, et le recouvrit en quittant le lit. Il aurait pu rester là des heures à le regarder, à le caresser et peut-être même à le faire jouir dans son sommeil, pour se repaître de ses gémissements, mais ce serait malheureusement pour une autre fois. Il lui restait du travail.

Le vampire enfila rapidement un jeans, repassa par la salle de bain où il vida l’eau de la baignoire qu’ils avaient abandonnée. La bougie s’était consumée seule et il s’activa dans le noir, mettant un peu d’ordre dans la salle de bain. Il lava rapidement les vêtements de l’humain, dans le lavabo avec un gros savon, à l’ancienne, comme lorsqu’il lavait sa tenue de soldat dans la rivière glacée. Le Mississipi n’était pourtant pas le fleuve le plus clair et le moins boueux, mais il gardait de cette période de sa vie des souvenirs simples et agréables…

Le plus étrange était qu’aucun des souvenirs ni de sa vie de mortel, ni de son existence d’immortel, ne pouvait être mis en lien avec ce qu’il avait éprouvé ces dernières heures. Il n’avait pas de comparaison qui lui permette de comprendre ce qu’il ressentait. C’était un mélange de possessivité violente et d’émotions douces, de fragilité et de brutalité, associées à la satisfaction de tous ses sens. C’était un sentiment sublime.

Il mit les vêtements propres à sécher sur un fil tendu au-dessus de la baignoire et repassa dans la pièce principale où il débarrassa les restes du repas qui traînaient encore dans le coin salon.

Quelqu’un frappa à la porte. Il laissa ce qu’il était en train de faire, glissa son Colt – un modèle Army 1860, une relique ! – dans son jeans et ouvrit à l’humain dont il avait déjà senti l’odeur à travers la porte.

Le type qui entra rapidement dans l’appartement portait des vêtements sombres de mercenaire du début du troisième millénaire. Des vêtements souples, pare balles, élaborés avant que la disparition du soleil fasse également disparaître l’industrie et la recherche militaire. C’était un chasseur de vampires, la trentaine, l’air revêche. Il acceptait de lui acheter des armes à lui malgré sa « condition » de buveur de sang parce que Chester ne buvait justement pas de sang, enfin pas souvent. Et puis surtout parce que ses armes étaient d’excellente qualité et qu’il lui produisait les munitions de ses flingues gros, bruyants et ultramodernes… Chester n’avait jamais compris comme ce type réussissait à rester en vie avec son attirail bruyant et visible à des kilomètres. Mais ce n’était pas vraiment son problème.

– Beuh, tu pues Vince, lui fit-il remarquer en guise de politesse.

Ses vêtements étaient imprégnés du sang d’au moins cinq personnes différentes, dont aucune n’était humaine et qui avaient séché en se mélangeant et en créant une odeur atroce. Il devait y avoir du sang de ghouls aussi…

L’humain ne répondit pas.

– La même chose que d’habitue ?

– Oui et un poignard. Le mien s’est cassé sur un crâne en métal…


Il avait l’air de mauvaise humeur.

– T’as tué une ghoul qui avait subi une amélioration osseuse ?

– Non, justement, j’l’ai pas eue.

De très mauvaise humeur. Les ghouls de laboratoires étaient facilement rancunières en plus, il risquait de pas s’en tirer comme ça… Mais il devait déjà le savoir, c’était pour ça qu’il faisait la gueule.

Chester ouvrit un des tiroirs de la cuisine. Sous le tiroir des ustensiles conventionnels, il rangeait ses armes blanches petit format. Il brassa les dagues et les poignards et mit la main sur celui qu’il cherchait.

– Rhénium amélioré, armement militaire des années 2730, dit-il en lui tendant le poignard. Celui-là, il cassera pas. Mais vise la nuque la prochaine fois… Ça se dessoude pas les os du crâne.

Vince leva les yeux vers lui pour la première fois depuis qu’il était entré dans l’appartement. Il avait des cernes violets, et la pommette droite enflée. Il devait avoir à peine trente ans, mais en faisait facilement quinze de plus. On ne vivait pas vieux quand on vivait aussi dangereusement. Le vampire se demanda si d’ailleurs, le chasseur ne se boostait au Lacrimosa de temps en temps. Ça aurait expliqué des trucs…

– Merde, Chester, t’as tué quelqu’un ! s’exclama le chasseur en pâlissant encore.

Ah oui, merde. Le vampire avait oublié que la couleur de ses yeux trahissait son état de satiété. La raison pour laquelle Vince venait chez lui pacifiquement et lui achetait des armes était qu’il savait que Chester ne faisait presque pas de victimes humaines – et ses armes étaient d’excellente qualité. Mais il risquait une sérieuse prise de tête et peut-être même une passe d’armes, si le chasseur venait à penser qu’il avait tué un humain récemment.

– J’ai tué personne, répondit le vampire d’un ton définitif pour clore la conversation.

– Alors où sont tes yeux rouges de suceur de sang en manque ?!

– Si tu cries encore, je t’assomme,
l’avertit Chester d’un ton bas et menaçant, et je file l’adresse de ta planque pourrie à la ghoul qui te traque.

Il voulait bien être patient avec les humains et a fortiori avec les clients, mais Lukas dormait dans la chambre à côté, et il avait besoin de repos. Il sortit deux boîtes de munitions de calibres différents d’une commode du salon et posa le tout sur la table basse d’une démarche lente et décontractée.

– J’veux pas d’ennuis Vince, paye-moi et casse-toi.

Le chasseur sembla hésiter, il regarda les munitions, la porte, le poignard de rhénium, le regard d’ambre liquide du vampire… et il tira son flingue.

– Désolé Chester, c’est pas contre toi, mais j’peux pas te laisser bouffer les miens.
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MessageSujet: Re: Lendemain difficile... [PV Lukas]
Sam 2 Mai - 17:06

Si certains se sentaient plus vivant que jamais, d'autres avaient connus des jours meilleurs. Lukas remua et grogna dans le lit, il se sentait à peine moins fatigué que la veille, sans doute en bonne partie à cause des courbatures que lui avaient laissées ses ébats énergiques avec le vampire. Le point positif, c'était que son esprit était un peu plus clair, il n'était plus en manque, et ne planait pas non plus maintenant que plusieurs heures le séparaient du moment où il avait bu le sang de Chester. Après avoir roulé pour se mettre sur le dos, le jeune homme compris ce qu'il l'avait réveillé, la déperdition d'une grande quantité de chaleur suite au départ impromptu d'une créature sauvage au poitrail délicieusement confortable. Il roula encore pour tenter de compenser ça en s'enfonçant un peu plus dans les coussins et les couvertures, peu importe l'heure, il était encore trop tôt pour se lever.

Le jeune homme se sentait un peu étrange, comme hors du temps, ce qu'il avait vécu à partir du moment où il était parti en quête de Lacrimosa lui paraissait si différent de tout ce qu'il avait connu jusqu'alors qu'il avait presque du mal à y croire. Et en même temps, cela avait été si brut et si intense que c'était plutôt tout le reste de sa vie qui paraissait fade et vide de sens en comparaison. Lukas remua un peu, et posa machinalement sa main sur un endroit de son cou qui le picotait légèrement. Il sentit très nettement que deux points de sa carotide le lançaient, un peu comme sur son épaule, mais en moins intense. La brume du sommeil se dissipa un peu plus alors qu'il comprenait que Chester l'avait mordu après qu'il se soit laissé tomber d'épuisement. Il ne s'en souvenait pas, mais les preuves étaient là.

Oh le sale gosse.

Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Alors c'était comme ça que môssieur l'homme d'honneur se comportait avec les pauvres gens à bout de force. Et en plus il avait décidé de le marquer à un endroit bien visible, ça ne pouvait pas être un hasard. Il allait voir ce qu'il allait voir. Mais plus tard, quand Lukas aura bien dormis.

Alors qu'il allait se laisser repartir dans les limbes du royaume des rêves, des éclats de voix retentirent dans le salon. Ah, Chester avait de la visite, et qui que ce soit, il n'avait pas l'air content. Lukas hésita une seconde à se lever, mais la curiosité l'emporta vite sur la fatigue, et de là où il se trouvait il n'arrivait pas à écouter ce qui se disait même en se concentrant. Tant pis pour le repos réparateur, Lukas se redressa, grimaça en sentant quelque chose se crisper un peu dans son fondement, et il tira sur le drap pour le décrocher et partir avec. Il partit sur la pointe des pieds vers la porte, qu'il entrouvrit doucement, et après avoir vérifié que personne ne se baladait dans le couloir, il fila à la salle de bain.

Il tâtonna un moment dans le noir pour retrouver ses vêtements, avant de finalement mettre la main sur son jean… trempé. Bon, tant pis, Lukas ramassa ses baskets et ressortit de la pièce, avant de rejoindre le salon.

« Wow... »

Le jeune homme se figea en voyant la scène qui se jouait à quelques mètres de l'endroit où il dormait il y a quelques minutes. Pour le coup, on se serait vraiment cru dans un western, Chester et un type en grand manteau se faisaient face, en se regardant dans les yeux. Le type pointait un énorme flingue sur le vampire, qui semblait vouloir récupérer subrepticement l'arme qu'il avait à la ceinture, si Lukas ne s'y trompait pas. La tension était maximale.

C'est alors qu'une vieille basket traversa la pièce et frappa à l'épaule un mercenaire légèrement interloqué par le nouveau venu.

« Qu'est-ce que… »

Une autre chaussure vola, que le type repoussa cette fois du bras sans aucuns problèmes.

« Dégage de là ! Dégage, espèce de… »

Lukas disparut une seconde derrière le canapé, avant de se relever avec son sac à la main, prêt à en découdre à coup de mallette de télescope, mais le type avait rangé son arme et montrait ses mains vides dans sa direction. Quand le mercenaire vit le jeune homme se calmer, il se mit à lancer des regards au vampire, puis au gamin, puis au vampire.

« Okay, restes calme petit, je vais rien te faire… moi. J'm'appelle Vince, okay ? »

Le mercenaire avait beau avoir reprit contenance, il ne s'était visiblement pas attendu à croiser un jeune humain pratiquement nu et un peu récalcitrant dans l'antre d'un vampire armé jusqu'aux canines, et il continuait de regarder Lukas avec un air franchement surpris. De son côté, le jeune homme avait reposé son sac, mais il resta derrière le canapé qui le cachait un peu. Surtout si les deux autres décidaient de reprendre les hostilités, on ne sait jamais. Puisque que l'autre s'était présenté, il maugréa, en scrutant les deux autres avec un air méfiant.

« Lukas… Et il se passe quoi, au juste ? Chester, tu vois pourquoi faut pas filer ton adresse à n'importe qui, maintenant ? »

Puis, après un instant de réflexion et une grimace répugnée.

« Et c'est quoi qui pue comme ça ? »

De toute évidence, la vie de Lukas n'avait pas fini d'être surréaliste.
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MessageSujet: Re: Lendemain difficile... [PV Lukas]
Sam 2 Mai - 19:20

Chester battit lentement des paupières lorsque Vince le mit en joue. Il avait été menacé par des types armés, qu’ils soient humains ou non, à peu près toute sa vie, et en particulier au cours des quarante-trois guerres auxquelles il avait eu l’occasion de participer depuis sa naissance. Alors s’il y avait une chose qu’il était bien capable de reconnaître, c’était le regard d’un homme sur le point de tirer.

Et Vince n’avait pas ce regard-là. Il était froid et il avait dû avoir une vie assez pourrie pour se retrouver à la risquer tous les jours contre des créatures plus puissantes que lui, mais c’était pas un mauvais type, et il avait une bonne intuition pour juger les gens.

Un frottement de pas dans le couloir lui indiqua que Lukas s’était réveillé. Chester passa discrètement la main dans son dos. Il était hors de question que Vince soit armé et puisse blesser son humain lorsqu’il pénètrerait dans la pièce, il s’appétait donc à mettre la main sur son colt au moment où le gamin ouvrirait la porte et distrairait Vince, et à tirer un seul coup rapide et précis dans l’arme du chasseur pour le désarmer.

Mais rien ne se passa comme prévu parce qu’au moment où Lukas entra dans la pièce, une chaussure vola et heurta le mercenaire qui baissa aussitôt son arme en reconnaissant l’un de ses semblables.

Chester resta coi et écarquilla les yeux de stupéfaction en regardant Lukas agonir son client de propos hostiles et de jets de chaussures, il passa ensuite derrière le canapé et menaça Vince de son sac, qui était lourd. Le chasseur de vampires  tenta de le calmer comme on essaye d’apaiser un lion en colère – c’est-là-dire avec peu d’espoirs d’y parvenir – Lukas lui adressa un nouveau reproche sur son manque de prudence, et enfin il demande ce qui sentait mauvais, ce qui acheva le vampire.

Chester éclata de rire en replaçant son colt dans son jeans. Vince regardait le gamin furieux avec incrédulité, en particulier la jolie marque violacée qu’il avait à la gorge et son pansement à l’épaule.

– Tu vois, j’ai tué personne, répéta le vampire en redevenant sérieux. Il a même l’air assez en forme, t’as de la chance qu’il ne sache pas encore ce qu’il y a dans mes placards, t’aurais reçu autre chose que des chaussures…

Vince secoua la tête et se massa la tempe.

– Excuse-moi, mec, j’suis à cran. Et désolé… Lukas. T’es très bon en lancer d’objets contendants, appelle-moi si tu cherches un travail, proposa le chasseur sur le ton de la plaisanterie, toujours surpris par l’apparition de l’autre humain.

Chester ramassa un élastique qui traînait sur une table et s’attacha les cheveux. Puisque Lukas était levé, il allait préparer quelque chose à manger. Ensuite il faudrait qu’il remette en état les trois rapières qu’on lui avait commandées.

– Chester, écoute, reprit Vince sur un ton gêné, j’ai pas de quoi te payer le poignard, j’ai juste ce qu’il faut pour les munitions, alors…

– Je comptais pas t’le vendre de toute façon. Tu le plantes dans ta ghoul et tu me le ramènes dans trois jours maximum. Sinon j’irai le chercher sur ton cadavre. T’as pas de quoi te payer du rhénium, crois-moi.

Vince lui jeta un regard noir – sans doute parce qu’il savait qu’il y avait au moins cinquante pourcent de chances pour que Chester soit effectivement obligé de venir chercher le poignard sur son cadavre après son affrontement contre la ghoul au squelette renforcé – mais il prit quand même ses munitions, rangea le poignard et laissa le fric sur la table.

Chester attrapa un tee-shirt propre qui traînait sur une chaise et le remit à Lukas en prenant le temps de le détailler avec intensité. Il avait toujours l’air frêle et épuisé, mais il venait de prendre des risques pour lui, il avait voulu le protéger et il s’était opposé à un type plus puissant et bien mieux armé que lui parce qu’il l’avait vu en mauvaise posture. Et Chester était sensible à ce genre de courage et loyauté.

Vince s’apprêta à partir mais il s’arrêta la main sur la poignée de la porte et se retourna vers Lukas.

– Tu devrais quand même faire attention, petit, t’as eu de la chance cette fois, mais crois-moi, avec les vampires, ça finit toujours mal…

Ce fut au tour de Chester de lui jeter un regard noir. Mais il ne dit rien, parce que c’était la vérité. Il aurait voulu garder Lukas auprès de lui pour toujours, mais avec son passif, il ne pouvait pas être sûr de ne pas craquer un jour…

Le vampire s’éloigna de l’humain et reverrouilla les cinq verrous de la porte une fois que le chasseur fût dehors. Puis il partit dans la cuisine, alluma une bougie de plus parce que Lukas ne devait pas voir grand-chose à la lumière du pauvre chandelier en train de s’éteindre et fouilla le garde-manger.

– Merci pour ton aide, Lukas, tu l’as calmé plus vite que je ne l’aurais fait, même si je l’avais assommé ! Et désolé qu’il t’ait fait peur. Il ne sort pas les armes souvent, il était dans un mauvais jour… Des œufs et du bacon, ça te va ?
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MessageSujet: Re: Lendemain difficile... [PV Lukas]
Dim 3 Mai - 18:05

Le rire de Chester détendit l'atmosphère entre les deux humains, et le mercenaire s'autorisa même à plaisanter un peu. Lukas, lui, jeta un coup d’œil intrigué aux placards dont venait de parler le vampire, mais le reste de la conversation et les boites de munitions posées sur la table basse lui firent rapidement comprendre la nature des objets qui s'y trouvaient. Vince ne s'attarda pas une fois le marché réglé, mais avant de partir, il lança un avertissement bien légitime à Lukas, qui baissa les yeux. Avec un haussement d'épaule et une voix désabusée que le type n'entendit probablement pas, le jeune homme marmonna.

« Avec moi, ça finira mal de toute façon. »

Il ne se faisait pas d'illusion là-dessus, le Lacrimosa coulait dans ses veines depuis bien trop longtemps, et il en sentait déjà les conséquences, surtout psychologique. À la folie douce qui l'avait toujours rendu un peu différent des autres, s'était ajoutés des troubles plus graves. C'était probablement mieux comme ça, avec un peu de chance il aura suffisamment perdu pied avec la réalité pour ne pas voir la mort arrivée le moment venu, surtout si elle était aussi douloureuse que ses crises le laissent présager.

M'enfin, sur ce sujet, Lukas avait son leitmotiv, ne pas penser à sa fin funeste plus de cinq minutes par jour. Il comptabilisa donc deux minutes en enfilant le tee-shirt un peu grand que Chester lui avait donné, puis passa à autre chose. Avant de rejoindre le vampire à la cuisine il sortit de son sac un short de sport qu'il portait généralement quand il traînait dans son appartement toute la journée, et l'enfila rapidement. Chester commença par le féliciter pour son acte stupidement héroïque, lui donna quelques explications sur le comportement de Vince, et proposa un petit-déjeuner royal. Le jeune homme commença par rire de ses remerciements.

« Arrête, j'ai juste fais n'importe quoi en espérant que tu puisses prendre les choses en mains si ça tournait mal. C'est pas vraiment ce que je m'attendais à voir en sortant du lit mais… ça va, t'inquiète. »

Enfin, ça allait surtout maintenant que le calme était revenu, sur le moment, son cœur avait manqué plusieurs battements, et son esprit avait été paralysé de panique, mais comme Chester avait l'air fier de lui, il préféra passer sur ces détails. Il le regarda s'affairer aux fourneaux en se disant que ce qu'il avait là n'était pas franchement de la nourriture de vampires. Autant de la viande de bœuf, il pouvait imaginer que ça dépannera un buveur de sang vraiment très, très en manque, mais des œufs… et puis toutes ces protéines coûtaient une vraie fortune.

« On dirait que ton petit commerce marche bien. »

Il avait parlé sur le ton de la conversation, même s'il était un peu curieux. Cela dit, il n'y avait pas que le métier de Chester sur lequel il se posait des questions, à part son nom et le nombre d'oreillers de son lit, Lukas ne savait encore presque rien de celui qui semblait pourtant bien décidé à le loger et le nourrir pour un bout de temps. À part qu'il avait quelques trucs à apprendre niveau prudence, et peut-être un petit peu en cuisine. Alors qu'il le regardait faire, Lukas eut un sourire et s'approcha un peu plus.

« Ça fait combien de siècles que t'as pas mangé d’œufs ? Tu te rappelles que c'est meilleurs quand ils sont pas complètement cuits, au moins ? Attends, file-moi ça... »

Il existait des tonnes de manières différentes de préparer les œufs, et comme tous le monde Lukas avait ses préférences. Là, comme il avait du bacon en plus, il fit tout cuire dans la même poêle pour que le blanc prenne un peu de goût, et il garda le jaune bien liquide pour pouvoir tremper la viande dedans, c'est important. Après quelques minutes de préparation, Lukas remplit son assiette de bacon délicieusement grillés et d’œufs baveux, et après avoir remercié Chester, il s'installa sur le canapé et mangea avec appétit. Il jetait fréquemment des coups d’œils au vampire, mais pour tout avouer il ne savait pas trop quoi faire ou dire. Il n'avait jamais passé une nuit complète chez un homme avec qui il avait fais l'amour, et certainement pas pour découvrir au matin qu'il avait affaire à un trafiquant d'armes qui avait parfois quelques soucis avec ses musculeux clients. Au moins, manger un morceau lui permettait de se ménager une petite marge de manœuvre.

Mine de rien, même avec le milieu aisé où il avait grandi, Lukas avait eu de très nombreux contacts avec des gens pas vraiment fréquentables, drogués, dealeur, petites frappes des quartiers, joueur de poker pas nets, tous plus ou moins instables. Au milieu de tout ça, Chester n'apparaissait pas aussi dangereusement mortel qu'il aurait dû, il faisait même presque figure de bon gars aux canines juste un peu trop aiguisées. Il n'empêche, bon ou mauvais gars, Lukas ne pouvait pas juste le surveiller depuis le fond du canapé en mangeant sans dire un mot, il fallait trouver quelques choses. Il réfléchit donc très fort, ce qui ne lui permit de prendre tout à fait conscience de son incompétence à gérer la situation présente.

« Bon, imaginons que... »

Lukas plissa les yeux en choisissant ses mots.

« Imaginons que je sois plutôt du genre à rentrer chez moi tout seul dans les dix minutes qui suivent… l'acte. Parce que je ne me sens pas du tout capable de gérer la suite, ni même de l'envisager. Imaginons, hein... »

Il regarda le vampire d'un air un peu plus embêté à chaque seconde qui passaient.

« Je suis supposé dire quelque chose de spécial par rapport à hier, ou… ? »

Parfois, Lukas pouvait avoir l'air très mature pour son âge, et puis sur d'autres sujets on pouvait se rendre compte qu'en fait il l'était pas du tout.
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MessageSujet: Re: Lendemain difficile... [PV Lukas]
Ven 15 Mai - 14:10

Les mots pessimistes que lâcha Lukas au moment du départ de Vince ne furent sans doute pas entendus par ce dernier, mais Chester le capta lui, et ils assombrirent quelques instants son humeur. Il n’avait fait aucune remarque à Lukas concernant sa dépendance. Ce n’était pas à lui de le juger, ni à personne d’ailleurs. Il ignorait comment un gosse aussi jeune s’était retrouvé dépendant au sang de vampire, mais il n’était certainement pas celui qui allait se permettre des remontrances ou des remarques.

Les personnes dépendantes au Lacrimosa ne se débarrassaient jamais de leur dépendance. On y était accroc dès la première prise, et on le demeurait jusqu’à la mort ; qui venait tôt, et qui était douloureuse.

Et Lukas devait très bien le savoir, et en avoir parfaitement conscience. Et Chester ne pourrait jamais le protéger contre ça. Il pouvait lui donne son sang pour apaiser ses crises de manque, mais chaque prise était un pas de plus vers le cercueil…

Le vampire chassa ces pensées sombres. Evidemment qu’il allait mourir. Maintenant ou plus tard, en bonne santé ou ravagé par la drogue, il restait un humain. Il allait mourir, et ce n’était pas le moment de s’en soucier, Chester avait déjà appris très durement combien la vie humaine était éphémère.

L’humain avait eu l’air admiratif devant ses réserves de nourriture, mais le vampire évita la question muette sur ses activités. Il était déjà arrivé beaucoup de choses en peu de temps, et même s’il se doutait que  Lukas était assez intelligent pour avoir compris qu’il n’était pas tombé chez un vampire qui gagnait sa vie honnêtement, il n’avait pas très envie de lui donner de détails…

Mais il faudrait bien qu’il lui dise la vérité sur le genre de personne qu’il était, s’il passait plusieurs jours ici. Le lui cacher n’aurait pas été honnête.

Comme pour confirmer son manque de concentration, Lukas lui prit la poêle des mains pour faire cuire son petit-déjeuner tout seul. Le vampire sourit, amusé par l’air décontracté et taquin de l’humain.

– D’habitude, mes hôtes ne sont pas vraiment là de leur plein grés, alors je ne prends pas la peine de leur demander s’ils aiment les œufs, reconnut le vampire.

C’était pas le genre de révélation qui devait rassurer l’humain mais c’était pourtant la vérité. Chester gardait de la nourriture chez lui parce qu’il lui arrivait de retenir une prime quelques jours. Il chassait pour un client, mais parfois il fallait prendre le temps de négocier le prix ou d’assurer ses arrières, et il gardait donc sa proie prisonnière. Et une proie vivante a besoin de se nourrir…

Il regarda Lukas cuisiner. Il ne s’était pas attendu à ce qu’avoir un humain chez lui puisse être aussi agréable. Il lui était déjà arrivé – assez rarement au cours de sa longue existence – de ramener un amant chez lui. Il préférait les humains pour leur chaleur, leur fragilité et le goût de leur peau, et il avait eu l’occasion de rencontrer de ces étranges personnes qui adulent les vampires et les vénèrent presque, d’une façon assez malsaine. Mais il fallait reconnaître que cette forme de dévotion avait l’avantage de faire d’eux des amants assez confiants et dociles.

Lorsque Lukas partit s’installer dans le canapé avec son assiette, Chester prit les rapières qu’il devait remettre en état pour une commande et les sortit du large drap décoloré dans lequel il les avait empaquetées. Il posa sur la table basse les trois armes, ainsi que des chiffons, une brosse, une éponge spéciale pour gratter la rouille sans abîmer l’acier et un produit d’entretien des pièces métalliques qu’il achetait à l’usine désaffectée.

Il s’installa dans le canapé, prit une épée, et commença à frotter la lame  à l’éponge et au produit pour enlever le plus gros des taches d’oxydation. Elles n’étaient pas dans un état parfait mais c’était du bel acier, une fois débarrassées des dépôts de rouille, elles se vendraient un bon prix.

Il sentit peu à peu l’humain se tendre, et devenir nerveux alors qu’il mangeait à côté de lui, son cœur accéléra légèrement, marqua des coups plus appuyés, et il regretta d’avoir sortit ses rapières, craignant peut-être que la vue des armes effraie le garçon. Mais lorsqu’il ouvrit la bouche, il comprit que l’activité du trafiquant n’avait rien à voir avec son malaise.

Le vampire cessa d’enduire la lame pour lever les yeux vers l’humain, surpris de découvrir de l’hésitation et une forme touchante de trouble dans sa manière de chercher ses mots. Lui qui avait l’air de savoir exactement ce qu’il faisait quand il s’agissait de prendre des risques mortels semblait maintenant gêné et désorienté. Et cela éveilla un élan de tendresse dans le cœur arrêté du vampire.

– Bon, imaginons, dit-il à son tour, un sourire un peu triste jouant sur ses traits sérieux. Imaginons aussi que j’ai vécu seul pendant des siècles, beaucoup de siècles, et que je sois un de ces vampires étranges qui se nourrissent très peu, repèrent une proie, une seule, et la désirent pendant des années avant d’oser s’en approcher.

Chester devint sombre, conscient que dire la vérité pourrait faire définitivement fuir le garçon qui s’était donné à lui avec si peu de réserve et avait pris sa défense avec courage. Et que si cela arrivait, ce serait douloureux. Mais Lukas s’était offert à lui sans réserve et il se serait senti lâche s’il n’avait pas été capable de lui avouer quel genre de personne il était vraiment.

– Et imaginons que tu sois le tout premier humain que je morde et qui y survive… Alors tu serais une exception incroyable, à laquelle je ne rêvais même pas.

Le vampire plongea un long moment son regard dans les yeux clairs de l’humain, pour se gorger de sa présence. Puis il reporta son attention sur la lame dont il entreprit de désincruster les impuretés.

– Je ne sais pas non plus de quelle manière je suis censé me comporter avec toi, acheva-t-il, j'ai un peu peur que tu finisses par te rendre réellement compte de ce que je suis et que tu t'enfuies... Mais de toute façon je pense que personne n’a jamais rédigé d’ouvrage de bonne conduite pour favoriser les relations entre humains et vampires, alors je te propose de laisser tomber les codes… Et… Tu n’es pas du tout obligé d’accepter, mais j’aimerais bien que tu me parles de toi. Comment tu t’es retrouvé à risquer ta vie dans ce quartier ? Tu n’as pas l’air d’un gamin des rues…
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Lendemain difficile... [PV Lukas]

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