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Lacrimosa

Forum futuriste de vampires, humains, goules, metamorphes et humains à dons axé autour d'une guerre inter-race et d'un fléau qu'est le Lacrimosa au sein de la ville de Pandémonium.
 


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 Money can't buy happiness... | Leather

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MessageSujet: Money can't buy happiness... | Leather
Mer 29 Avr - 17:08

... just a prettier misery.


L'argent ne fait pas le bonheur mais il paye le loyer, guérit les troubles érectiles, fait revenir l'être aimé et... Non, il permet juste de ne pas se faire jeter à la rue avec un coup de pied plutôt douloureux, un acerbe « Tire toi, tocard ! » et probablement un doigt d'honneur ou deux, brandis fièrement. Et ces derniers temps... Ivan était à deux doigts d'être fauché. Il avait toujours une réserve qu'il utilisait rarement, mais malheureusement les clients rapportant le plus sont aussi ceux consommant les produits les plus forts. Ils sont du genre autre farfouiller et accepter le premier debout-les-morts pas trop cher et tout le monde n'était pas attentionné quand il s'agissait de la qualité de leur production. On n'était pas à l'abri de toquer chez un habitué pour le trouver étendu dans son taudis, étouffé dans son vomi et déjà en décomposition sans que l'on ai une quelconque implication. Il fallait toujours trouver de nouveaux clients, comme une prostituée avec une vilaine syphilis, ricana l'albinos intérieurement.

Sur cette touche d'humour aussi bienvenue que de bon goût, il se hissa de son fauteuil après un rapide somme, soupirant et grognant, les sourcils froncés et s'approcha du tas de chiffons qu'étaient ses vêtements. Il s'empara d'un pantalon droit sombre et miteux, déchiré au niveau des ourlets du bas ainsi qu'un t-shirt récupéré au hasard. Connaissant sa garde robe, il se doutait qu'il devait être entre le gris anthracite et le noir charbon : une roulette russe de la mode avec six balles à blanc. Une paire de rangers plus tard, il se dirigea vers la table basse pour récupérer son manteau jeté dessus quelques heures auparavant et un petit sachet plastique fermé à vide plié méticuleusement. Il compensait son aversion pour le rangement avec une mémoire remarquable. Le sachet fut soupesé quelques instants par précaution puis glissé dans une des grandes poches du manteau. Un sourire léger se dessina sur ses lèvres. En sentant le poids familier du lourd manteau sur ses épaules, il se sentait dans son élément. Ses doigts glissèrent sur sa montre pour lire l'heure et ne pas être en retard à sa transaction avec un client encore vivant et habituellement ponctuel. Sa montre était sûrement l'objet le plus cher qu'il possédait, un cadeau de son créateur, lorsqu'il espérait encore le soigner. Un bel objet, qui avait plus de valeur sentimentale qu'il ne voulait en accorder.

Haussant les épaules pour chasser ses souvenirs du laboratoire, Ivan se dépêcha de récupérer ses clés, de fermer sa porte en un tintement de son trousseau et de s'élancer dans les escaliers en descendant les marches deux à deux. Parfois son pied écrasait un corps plus ou moins immobile - inconscient ou trépassé - que personne n'a pris la peine de déplacer.
Une main se glissa par habitude dans une poche intérieure de son manteau pour s'emparer d'un vieux briquet presque vide et d'une cigarette - sa seule drogue. Il s'arrêta pour l'allumer, s'y reprit trois fois avant de sentir la chaleur caractéristique émise par la flamme et repartit après une longue bouffée. Il reprit sa cadence habituelle,  rapide et assurée, bien plus détendu pendant que son cerveau en auto-pilote comptait machinalement le nombre de pas qui le séparait de sa destination.

Il marcha ainsi une dizaine de minutes, fredonnant un air entendu la veille et jetant par terre son mégot sans la moindre considération. La ville est déjà détruite et en ruines, alors un mégot de plus ou de moins... se dit-il pour se justifier.

Lorsque le dealer fut assez proche du lieu de rendez-vous - le salon de tatouage - il fut surpris par la musique très forte. La voix presque rauque d'une femme accompagnait une musique du même acabit. C'était la première fois qu'il l'entendait mais il commençait de l'apprécier alors qu'il se rapprochait de la source de la musique. Son client était du genre autre le héler dès qu'il le voyait, c'est pourquoi après avoir mis un pied sur le seuil en prononçant un rapide « Yo. » sans que personne ne se jette sur lui, il se dirigea immédiatement vers une chaise pour s'asseoir et l'attendre. Il connaissait bien le salon, depuis le temps. Il était souvent venu pour fournir des employés ou tenter de refourguer sa came à quelques jeunes. Ça ne coûtait rien, au contraire.
Une fois installé confortablement - affalé dans la chaise, alors qu'il s' habituait au bruit de la musique, il chercha des bruits de pas. Le patron le connaissait et le laissait vagabonder sans rien dire mais il n'entendait ni sa voix, ni le bruit de l'aiguille habituel. Seul un léger bruit de pas se distinguait et il en déduit qu'il n'y avait qu'une autre personne présente ici, probablement une des filles chargées de l'accueil qu'il avait déjà entendu quelque fois sans y prêter une grande attention. Instinctivement, son regard se tourna dans la direction des bruits - en face de lui - mais il ne dit rien et ne fit rien pour engager une conversation, laissant ses doigts tapoter et glisser impatiemment contre sa montre. Il était pile à l'heure, mais ce n'était pas le cas de l'acheteur et rien n'est plus énervant pour lui que de devoir attendre. Son pied finit par battre la mesure en suivant la musique alors qu'il soupirait et sortit une autre cigarette de sa poche. On pouvait voir ça comme de l'impolitesse mais il ne demandait jamais la permission à personne comme certains pouvaient le faire, afin de ne pas déranger les gens n'aimant pas la fumée. Après tout, les gens sont assez grands pour se plaindre et se manifester tout seuls, je vais pas leur prendre la main, se dit-il.

Il ferma les yeux et expira une bouffée de tabac en continuant de suivre le rythme de la musique impatiemment dans sa tête. Dans cinq minutes je me tire et la prochaine fois je lui refile du sable et du verre, à ce con.

Bon, je me rends compte seulement maintenant que j'ai pas plus développé pour la montre mais c'est évidemment une montre avec les heures en relief et au lieu d'avoir des aiguilles ce sont des billes qui tournent par magnétisme. Genre comme ça.
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MessageSujet: Re: Money can't buy happiness... | Leather
Mer 29 Avr - 21:50

Cry baby, cry baby, cry baby !


Honey, welcome back home. Il devait être 14h quand Chris t'avait réveillé. D'habitude, tu te levais de toi même, vers 11h maximum pour ne pas vivre comme un oiseau nuit. Tu n'aimais pas particulièrement vivre le soir, la nuit, veiller pour trouver des clients et dormir la journée pour recommencer. Tu avais toujours évité ce système. Tu préférais vivre un peu le jour, quand Caleb était là, t'occuper de lui, profiter de lui, de sa peau, de ses lèvres, de sa conversation aussi. Il n'y a pas que le sexe qui t'intéresse dans la vie. Il t'intéressais aussi ...

Non. Mais c'tte nuit avait été difficile. Longue. Éprouvante. Tu avais passé une bonne partie à errer dans les rues. Souvent, on te disait que tu étais courageuse. Dehors, les vampires mordent, les goules déchiquettent, les chasseurs violent, les humains se droguent, et toi t'es là, à marcher dans les rues en cherchant des inconnus pour passer la nuit et rapporter des sous. Mais c'est comme ça. Après tout, t'es juste une silhouette encapuchonnée, discrète comme une ombre, un souffle chaud, un coup de vent qui se doit de errer. De chercher. Hier soir, si t'avais pu ne pas sortir, tu l'aurai fait avec plaisir. Mais tu avais faim, et plus rien pour te payer ne serait-ce une baguette de pain. Tu avais commencer à économiser pour te payer la location d'un appartement pour dégager de chez Chris, mais chaque semaine tu piochais dans les économies pour te nourrir. Décidément, tu n'étais pas une prostituée qui rapportait. A des moments comme ça, tu pensais à Caleb. A combien il avait eu du courage de te garder, de t'aimer, de nourrir, de te loger, de t'attendre le soir, de te soigner quand tu étais malade les quelques mois où vous aviez vécu ensembles. Mais il ne fallait plus y penser.

I know she told you, Honey I know she told you that she loved you, Much more than I did,But all I know is that she left you, And you swear that you just don't know why ...
Dans la matinée, Chris était déjà passé dans la remise pour venir prendre un rat dont tu avais entendu les couinements. Il n'avait même pas essayé de te réveiller. En même temps, quand il était arrivé vers 7h pour ouvrir la boutique, tout mettre en place, tu arrivais à peine. La veille, tu n'avais pas trouvé de clients avant tard. D'habitude, dès 23h, les idiots au bar te remarquait, le dos contre un lampadaire, ou accoudée à une table vide. Mais ce soir, tu avais fait tous tes bars habituels, personne. Ce n'était que vers 1h00 que deux ou trois jeunes t'avaient accosté, brutalement, bourré, l'haleine affreusement puante, les gestes violents, ressortant d'une vieille boite. Tu avais hésité à accepter. Les groupes, c'pas ton truc. Chacun ses interdits, non ? Alors ouais, une prostituée qui n'aime pas certaines pratiques c'est pas le meilleur pour son business, mais vous aviez finit par trouver un truc. Ils avaient toute la nuit pour s'occuper de ton cas, disaient-ils. Ils passeraient l'un après à l'autre. Une impression dégoutante empli ton estomac. Cette idée que tu n'étais qu'une poupée qui allait dégouliner de semence à la fin de la nuit. Mais surtout, tu avais haussé un sourcil en redemandant, l'air incrédule. "Vous occupez de mon cas ?" Bah ouais. T'es une pute, c'est toujours horny, une pute, non ? T'avais grogné, en donnant un coup dans une canette vide alors que l'un d'eux te tirait dans ses bras pour peloter tes fesses, perdant sa langue gluante d'alcool dans ta gorge en te tirant un frisson de dégout.

Bien sûr. Tu étais en manque. Ils pensaient peut-être que tu prenais du plaisir à te faire prendre par de purs inconnus ? Tes pensées avaient dérivées sur ce sujet tout le trajet jusqu'à la chambre miteuse, dans l'hotel délabré, dans la rue pourrie, dans le quartier sale où tu allais passer la nuit. Non. Tu n'aimais pas ton boulot, non tu n'aimais pas passer tes nuit avec des inconnus.. Pire que ça. Des gens que tu ne pouvais pas apprécier, qui ne te plaisaient pas, qui se servaient de toi. Peut-être qu'un inconnu plaisant, qui avait quelque chose d'appréciable, qui avait quelque chose justement, ça te plairait. Parce qu'au fond, avec les années, t'avais appris à aimer le sexe. Le sexe, l'amour, mais pas la baise. On peut apprécier la baise sauvage avec des gens qui nous plaisent, mais la baise avec des jeunes bourrés aux gestes vomitifs ... Jamais. Alors peut-être que de pouvoir imaginer baiser le premier c'était être en manque, mais tu n'étais pas horny. Tu ne fais pas ce boulot pour palier à tes pulsions sexuelles. Oh que non...

T'étais sortie de la chambre vers 6h30, le temps de revenir chez Chris, tu te couchais à 7h00. La tête vide, le ventre vide, le coeur ... Vidé. But you know, honey I'll always, I'll always be around if you ever want me ! Come on and cry, cry baby, cry baby, cry baby, Oh honey, welcome back home. T'avais encore rêvé de Zdavy. De Caleb aussi. Et de pleurs, et de cris. Tes heures de sommeil étaient agitées, pas réparatrices. Tu avais pris ta douche avant qu'ils ne rendent la chambre pour te laver de leurs mains, de leurs souffles, de leurs baisers, de leurs coups de reins. Mais quand Chris te réveilla en soufflant qu'il te laissait la boutique, qu'il devait s'absenter pour au moins l'après-midi, une urgence, tu te sentais toujours salie. Mais tu finis par lever la tête de l'oreiller et par regarder le café qui chauffait. Il était adorable, Chris. Bien sûr, lui rappeler qu'il était la cause de ton boulot affreux devait aider. Mais naturellement, ce mec était un petit ange. Un peut de douceur et de tendresse dans ce monde de brute. T'avais regardé dans le miroir en dessus du matelas de camping, un miroir fendu que t'avais acheté à deux sous dans la rue. Attrapant ton peigne, t'avais un peu recoiffé ta crinière sombre puis avait attrapé un short et un bustier usé, mauve foncé pour te saper rapidement. Attrapant le café, tu l'avais bu en te brulant un peu. "T'pars où ?" Il n'était plus là, déjà. Ca lui arrivait que très rarement de laisser l'atelier en journée. Tu finis par te mettre derrière le comptoir. Tu serai bien aller voir le voisin d'en face. Lui, tu l'aimais bien. La première fois, ça avait été parce qu'il voulait une pute, mais depuis, en plus d'être vraiment agréable à l'oeil, tu avais appris à le connaître. Il était gentil. Un peu bête, mais gentil. Mais fallait pas laisser la boutique, puis tu savais pas. Peut-être que tu pourrai garder des clients assez longtemps pour faire d'une pierre deux coups ?

Tu fouillais sous le comptoir pour attraper un vinyle que tu avais acheté pour les jours où ce cher Chris ne serait pas là. L'occasion de voir si le vieux tourne disque qu'il avait trouvé dans la remise en t'installant fonctionnait bien. Tu mis en marche l'appareil et eut le plaisir auditif d'entendre la voix enrouée et délicieusement rauque de Janis Joplin s'élever dans la boutique. Un sourire t'échappa. Malgré la fatigue, et cette mélancolie que tu trainais partout avec toi depuis que tu repensais quotidiennement à Caleb, tu te laissas happer par la musique.

Don't you know, honey, Ain't nobody ever gonna love you The way I try to do ? Who'll take all your pain, Honey, your heartache, too ? And if you need me, you know That I'll always be around if you ever want me !
Come on and cry, cry baby, cry baby, cry baby,
Oh daddy, like you always saying to do.


Chantant à tue tête, tu te calmes soudain. Le voisin se demande si tu n'es pas prise d'une crise de folie. Il est peut-être temps de laisser Janis finir la chanson seule. Tu lui tires la langue, l'air de lui dire d'aller voir ailleurs si t'y es et tu tires le tabouret haut vers toi pour t'asseoir, feuilletant les dessins de tatouages de Chris. Certains te donnent envie. Tu te ferai bien un tatouage sur le sein droit. Pour cacher l'affreuse cicatrice. Un client se révélant être un vampire affamé avait griffé ton sein avant que Caleb n'intervienne. Il devait venir qu'après que tu ai fini ton affaire avec le vampire, mais tu avais eu de la chance qu'il réagisse immédiatement à ton cri. En même temps, t'entendre quand t'étais sensé baiser, c'était plutôt inhabituel. Tu es du genre silencieuse. Très discrète. Quelques insultes parfois mais sinon ... Le silence. Froide ? Frigide ? Non. Bon sang non. Juste que ... C'comme ça. Tu jettes un regard à l'homme qui entre. Grand, mince, albinos, le regard un peu vide, l'attitude malsaine, dépravée. Habituel, finalement. Un sourcil se lève et tu ne réponds pas tout de suite, encore dans tes pensées, les yeux dans le vide, l'image du tatouage pouvant aller le mieux sur ton sein au fond de tes yeux. Quand brutalement, tu te rappelles que Chris ne va pas prendre le jeune homme en charge.

" - Oh. 'Scuse. Salut." Tu te lèves du tabouret pour tendre la main vers lui pour qu'il se relève du fauteuil et s'approche de toi. Mais il ne réagit pas. Tu restes une seconde surprise, quand en le voyant toucher sa montre, ça te semble soudain très clair. Il est aveugle. Très bien. Tes sourcils se froncent et tu poses ta main sur ta hanche, toujours en face de lui, silencieuse, le laissant allumer sa clope en ouvrant une des fenêtres. Il n'est pas aimable... Pourquoi le serai-tu ? Parce qu'il faut que tu vendes. Et qu'il faut qu'il attende Chris aussi Et qu'd'une pierre deux coups ... Un client pou Chris pouvait bien être un client pour toi, rapidement, non ? Non. A voir. Tu vas simplement baisser le son de Janis en te rasseyant sur le tabouret. " - Tu attends Chris ? Il n'est pas là. Mais si c'est pour parler tatoo, j'peux t'aider." Tu lui proposes pas de les regarder ... Quoique. Juste pour l'emmerder. Alala, ce plaisir de te mettre dans des situations désagréables, rien que pour le plaisir, justement. Mais pour l'instant, tu n'as pas envie de parler. Pas ta faute si t'es de nature silencieuse. Grognant un peu pour prendre du courage, la tête dans la main, tu reprends. " - Alors, pourquoi tu es là ? Tu veux voir les tatouages ? Tu en as un en cours ? Je t'ai jamais vu. Fin si, en fait." Ton regard se fait suspicieux. Oui, oui, tu l'as vu. Mais jamais pour se tatouer. Ca t'avait intrigué. Chris, se droguer ? Nan. Il pouvait peut-être acheter de la drogue, mais il ne s'en servait pas. Dieu seul savait ce qu'il pouvait en faire. L'idée t'avait effleuré qu'il essayé des trucs pour l'encre, ou pour trouver un remède, ou encore une merde de ce genre, parce que Chris n'aurait jamais touché à de la drogue pour de la consommation personnelle. Peut-être pour calmer sa daronne ? Un sourire se dessine sur tes lèvres.

" - Si, je t'ai déjà vu. A l'inverse de toi, tu vas me dire." Ceci étant bien sûr de la méchanceté gratuite. Pourquoi ? Aucune idée. C'ton caractère. Non puis les dealeurs et toi ... Ils sont violents, souvent. Tranquillement, tu fermes la porte de la boutique alors que tu te laisses tomber sur le siège à côté de lui. " - Tu vends des trucs illégaux, non ? Tu lui vends quoi à Chris ?" Tu n'as jamais été intéressée. Ou tu as toujours tout fait pour ne pas commencer. Plutôt la deuxième option. De peur d'aimer, bien sûr. " - T'es sûr que tu veux pas un tatouage, pour une fois ? Chris revient pas avant quelques heures. Si ça peut t'occuper. Vu ton air, ça m'étonnerait que tu croules sous les clients." Comme toi, à vrai dire. C'est triste ça.

Tu restes assise à côté de lui, glissant ta main sous ta cuisse, les jambes croisées, les yeux fixés sur lui. Ta langue claque contre ton palet. " - Tu es aveugle de naissance ?" Tu es intriguée. Oui, le handicap t'intrigue. Est-ce qu'il pourrait te décrire à la voix ? En te touchant ? Est-ce qu'il peut te juger à tes paroles ? Comment il fait ?
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MessageSujet: Re: Money can't buy happiness... | Leather
Jeu 30 Avr - 15:10

Ivan ne put retenir quelques autres soupirs exaspérés et de nombreuses bouffées de tabac pour tenter d'oublier son exaspération et de ravaler son impatience, tenter de se laisser porter par la musique qui finissait réellement par lui plaire. Son esprit divaguait un peu, sa main glissait de temps en temps dans sa poche pour serrer le sachet dans ses doigts, il comptait dans sa tête les provisions de stupéfiants qu'il lui restait et prévoyait de nouveaux mélanges plus ou moins létaux... On ne se refait pas, après tout. Il pensait aussi à ce qu'il réservait pour celui qui osait lui poser un lapin. Ses pensées vagabondèrent un peu en envisageant plusieurs marques de javel et de liquide vaisselle qu'il pouvait voler à ses voisins pour préparer quelque chose de vraiment... explosif. La recette de la nitro-glycérine apparut quelques instants dans sa tête mais il préféra la rejeter, il ne prévoyait pas non plus des feux d'artifices, juste une vengeance crasse.

Une voix se fit enfin entendre ainsi que quelques bruits de pas, indiquant que la femme chargée de l'accueil s'était surement levée mais il ne daigna même pas bouger ou faire un effort pour saluer l'inconnue, ou tout bonnement lui expliquer la raison de sa présence, son cerveau toujours occupé à de nombreux calculs et des dosages variés. Il hocha à peine la tête et se concentra sur la voix de la femme tout en jetant et écrasant sa cigarette sous son talon en sentant la chaleur qu'elle émanait se rapprocher dangereusement de ses doigts. Il s'était déjà souvent brûlé à cause du manque d'attention et d'une cigarette restée entre ses doigts, mais il avait un certain honneur et une image de soi à défendre lorsqu'il était en public. Après tout, ne dit-on pas que prudence est mère sûreté ? La voix de la femme, qui résonnait encore dans son esprit, était une voix très douce comparée à celle qui retentissait dans le salon. Très jeune. En même temps, Chris n'était pas du genre à embaucher des grand-mères pour accueillir les clients. Mamie Nova à l'entrée, ça la foutrait plutôt mal. En plusieurs décennies il avait appris à deviner avec plus ou moins de succès l'âge des gens en se basant sur leur voix et se dit que celle-ci ne devait pas dépasser les 30 ans, ou de peu. Elle n'avait pas parlé de manière très formelle, il en conclut donc qu'elle était probablement en dessous. Ou elle n'avait absolument rien à faire du fait qu'il était un client potentiel et il serait surement temps de s'en débarrasser pour embaucher quelqu'un de plus compétent.
Laissant ses pensées s'éparpiller encore une fois sans vraiment se soucier de ce qu'il y avait autour de lui, d'autres bruits de pas et le volume diminué de la musique le ramena en partie à la réalité, accompagné d'autres pas. De retour sur le tabouret de l'accueil, donc. L'albinos se demanda si la chaise n'avait pas fini par prendre l'empreinte de ses fesses si elle était sur ce fameux tabouret depuis le début de l'après-midi ou même avant.

« - Tu attends Chris ? Il n'est pas là. Mais si c'est pour parler tatoo, j'peux t'aider. »

Il ne put réprimer un sourire amusé. Oh, honey. Il hésita à répondre de manière plus ou moins sarcastique à cette pique mais se ravisa, se disant qu'elle n'avait surement pas finit de parler. Il se doutait bien qu'un type avec son allure, c'était plutôt louche et ça soulevait souvent plusieurs questions. Il sortit juste une autre cigarette, souriant un peu plus lorsqu'elle lui proposa de voir les tatouages et répondant avec un simple rire, léger et court, lorsqu'elle admit l'avoir déjà vu. Futée, la petite. Observatrice, en tout cas, même si il devait être dur de ne pas le voir rôder dans les parages quand il lui arrivait de se pointer plus qu'une fois par semaine. Même s'il n'avait encore rien dit, il pensa qu'engager une conversation avec une demoiselle pareille ne devait pas être si désagréable que ça pour passer le temps, et se promit d'essayer de ne pas la rembarrer sèchement ou de ne pas retomber dans le silence dans les prochaines minutes. Un nouvel effleurement de sa montre lui appris qu'il avait peu de chances de tomber sur son client de la journée, et gâcher un sachet déjà emballé avec amour et tendresse l'attristait un peu. Avec un peu de chance, la jeune femme serait intéressée aussi, qui sait ? Peut être que sa journée n'était pas complètement perdue, dans le fond. Dans le pire des cas... Il aurait au moins trouvé quelqu'un qui ferait avec joie des blagues sur sa cécité quand il aurait envie d'en entendre.

« - Si, je t'ai déjà vu. A l'inverse de toi, tu vas me dire. »

Nouveau rire du dealer, un peu plus audible et plus long, cette fois, interrompu lorsqu'il prit une nouvelle bouffée de cigarette. Elle était décidément intéressante, cette petite. Et plus amusante que le bal habituel des gens qui essayent d'être polis et finissent par manquer de tact. C'était surprenant de tomber sur de tels individus dans cette ville devenue un champ de bataille, mais ces individus ne mourront peut être jamais. Toujours un con pour s'excuser quand il dit "je vois"... soupira mentalement Ivan.
Il se décida à répondre enfin alors qu'il l'entendit s'asseoir à se côtés et sentit sa chaleur corporelle, bien plus proche qu'auparavant.

« - Ravi que tu te souviennes de moi, ça me fait sacrément chaud au coeur, tu sais ? Après des jours de silence... dit-il avant de rire à nouveau, plus proche du ricanement cette fois ci.
- Tu vends des trucs illégaux, non ? Tu lui vends quoi à Chris ? demanda-t-elle avec la même franchise. »

L'emploi du terme "trucs illégaux" pour sa came à la qualité variant grandement ne fit qu'élargir son sourire. Il eut à peine le temps de penser "Elle en pose, des questions..." qu'elle en formula encore d'autres, même si la pique sur son nombre de clients changea son sourire en rictus quelques instants. Qu'est-ce qu'elle en sait, la gamine ? Certes, ce n'était pas l'âge d'or de la vente de drogue en ce moment, mais ce n'était pas non plus sa période la plus creuse. Il devrait juste penser à plus surveiller ses gros consommateurs pour leur éviter une overdose aussi surprise que contraignante pour les affaires. Ou se trouver d'autres clients, mais il n'avait pas particulièrement envie d'aller traîner dans les bars comme une pute en manque pour le moment.
Heureusement, cette remarque déplaisante est vite balayée sur une autre question, plus attendue et pourtant peu entendue. A croire que les gens ont vraiment peur de le froisser. Il fout les gens si mal à l'aise que ça ? Il haussa les épaules et tourna son regard vers la provenance de la voix, juste à côté de lui, assez proche pour qu'il puisse fixer son regard sans trop se tromper.

« - Ça fait beaucoup de questions, inspecteur, répond-il en souriant. Il fait exprès d'expirer la fumée si agréable pour lui du tabac dans la direction de la demoiselle, et jette à nouveau sa cigarette pour écraser le mégot. Pour répondre dans l'ordre... Non, je ne l'attends pas. Ai-je vraiment la gueule d'un mec qui vend des timbres ou des assurances ? Et oui, c'est de naissance. »

Il se redresse un peu dans son siège et glisse ses mains dans les poches de son manteau, ne voulant pas fumer une cigarette de plus. Sauf si il était sûr que cela dérangeait la détective en herbe. Dans ce cas... Il se ferait sûrement un plaisir de finir son paquet.

« - Allez, c'est à mon tour de poser des questions ? ajoute-t-il avec un air amusé et sans la moindre intention de demander la permission. Tu n'as rien de mieux à faire ? Tu m'as l'air bien jeune pour être si casse-couilles, c'est de naissance ? Ah, et tu n'as pas envie de t'occuper un peu ? Je commence de m'emmerder sec. »

Proposer de consommer ensemble pour inciter les gens à en racheter derrière, c'était toujours une bonne idée. C'est pourquoi même si il n'a jamais été fan des produits qu'il vendait, il s'était habitué aux sensations qu'ils provoquaient pour mieux les supporter. Sans parler des paranos qui veulent toujours que l'on teste avant histoire de ne pas se faire refiler de l'acide chlorhydrique. Comme si il oserait un jour faire une chose pareille ! Non, son truc, c'était plutôt la soude.
Il sortit de sa poche le sachet sous vide contenant des feuilles de khat - si elles étaient trop sèches elles n'avaient plus aucun effet - et l'ouvrit avec précaution avec un couteau caché dans une autre poche et en glissa une dans sa bouche. L'avantage du Khat, c'est que c'est quelque chose de peu nocif et il était dur de faire une overdose. Avec beaucoup de volonté on peut arriver à tout et Ivan avait déjà croisé des types qui avaient réussi, mais il n'y avait de toute façon pas de quoi se jeter sur le sol en bavant avec la quantité qu'il avait sur lui, et encore moins si il partageait ça en deux. Ceux qui en prenait cherchait surtout l'euphorie que sa consommation provoquait, c'est pourquoi il se dit qu'il attendrait un peu avant de donner ses prix... Au pire, il pouvait toujours compter cela comme un cadeau et s'en servir pour faire pression et la forcer à acheter la prochaine fois, non ?
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MessageSujet: Re: Money can't buy happiness... | Leather
Ven 1 Mai - 20:36

Travailler dans une boutique, c'est faire des rencontres. Avoir des rapports physiques et amicaux avec des clients qu'on doit à tout prix convaincre d'acheter, dépenser. Il fallait savoir parler, faire preuve d'amabilité, ou une merde du genre. En gros, si on prenait d'un oeil extérieur ton cas par rapport au boulot que tu effectuais bénévolement, c'était exactement l'inverse. Pour t'arracher un mot il fallait batailler, pour t'arracher un sourire c'était pire. Et pour les clients cherchant des compliments sur leurs autres tatouages, et bien ils étaient mal tombé. Clairement, s'il avait fallu te payer, ça aurait longtemps que tu aurais été au chomage. Une chance que Chris ai besoin d'une "secrétaire/Hotesse d'accueil" et qu'il n'ai pas assez d'entrées financières pour en payer une vraie. Tu vendais pas grand chose et tu avais du mal à garder les gens patients quand il fallait attendre le retour du chef tatoueur. Mais le seul point positif était que la boutique t'avait permis de rencontrer quelques fous des tatouages, et quelques hommes en manque. Quand tu disais d'une pierre deux coups, c'est que t'en avais déjà fait l'expérience. Ce pauvre Chris aussi ... Disparaître une heure et revenir pendant que le fauteuil est occupé par deux corps en plein ébat au lieu d'un ... Il n'avait pas particulièrement apprécié d'ailleurs. Interdiction de le refaire, pour des raisons sanitaires. Oui m'sieur, pardon m'sieur, mais oublie pas que si je me prostitue c'de ta faute, hein. La cruauté dans toute sa splendeur. Faut dire que les gens ont tendance à oublier que tu fais pas ça pour le plaisir. Vaut mieux leur rappeler de temps en temps, et dans le cas de Chris le culpabiliser un coup. Ca fait pas de mal après tout !

Mais il était vrai, donc, que pour être au comptoir d'une boutique sensée vendre, on aurait pu trouver mieux que toi. Bien mieux. On fait avec ce qu'on a, vous allez me dire. Aucun rapport mais tu as un putain de mal de dos, et si Ivan ne s'était pas pointé, tu penses que t'aurai plié boutique pour aller gambader un coup. Le sport de chambre, c'est certes fatiguant, mais t'avais besoin de décontracter tes pauvres muscles. C'était peut-être l'effet de la drogue, dans certain cas ? L'idée t'effleura rapidement mais tu préfères la chasser. Dieu seul sait ce qui pourrait t'arriver si tu commences la drogue. Pour l'instant, tu as eu l'intelligence de te tenir loin de tout produit pouvant altérer ta conscience et t'aider dans ta peine. Ca peut paraître bête, quand on a l'occasion de gouter au Lacrimosa, aux joints, à l'alcool même ou encore au tabac, juste pour penser à autre, pour évacuer une partie des mauvaises ondes ... Mais non. C'était dangereux. "Ease the pain and taste the death." La seule phrase qui t'avait toujours sembler fonctionner. Que ce soit des ragots qu'on entendait, sur cette goule qui aurait fait une overdose à force de vouloir oublier son état, ou sur cet humain qui ayant trop bu avait osé combattre un vampire à mains nues, il était clair qu'il ne fallait pas que tu te laisses glisser dans cette pente là. Un de tes sourcils se hausse aux réactions du dealeur en face.

Tu as plus l'habitude que tes traits de caractère désagréable et méchant soient pris positivement. D'habitude, on te demande cordialement d'aller bien te faire foutre, sale petite trainée, et apparemment, t'as appris avec ça. Ca t'a jamais empêché de continuer et de te foutre dans les emmerdes. C'est même encore plus amusant. Quand on touche un point sensible, m'voyez ? Et là, pour une fois, il le prenait bien. En même temps, t'imagines bien que si toute la journée on te plaignait d'être une prostituée ça te ferait plus chier que si on se moquait des maladies que tu aurais pu attraper ou de l'état dans lequel on doit te retrouver au matin. Mais, c'était pas mal, comme début de conversation. Des blagues vaseuses sur sa cécité, et un aveugle qui y répondait dans un rire âcre et un peu acerbe. Du genre, si tu savais ce que je peux voir. Ca te fit sourire un peu et tu fouilles dans ta poche pour sortir un bonbon à la mente. Tu le fourres dans ta bouche, le suçotant en le faisant bouger de ta joue droite à ta joue gauche en détaillant un peu plus le dealeur. Les albinos, ça a toujours eu un côté mystérieux assez agréable, pour toi. Le genre de méchant tout mignon qu'on a envie de serrer dans ses bras même quand il est détestable. Ca doit être à cause de la couleur argentée des cheveux. Comme un vieux en avance. Ca te faisait pitié, et tu pouvais être adorable quand t'avais pitié de quelqu'un ! Tu finis par croquer dans ton bonbon quand il répond, esquissant seulement un sourire en coin qu'il ne pourra pas voir.

C'bête, t'as l'habitude de te faire comprendre par les gestes, par flemme de parler. Tu es quelqu'un de corporelle, de physique, tu aimes le contact, pour toi c'est la chose la plus pure et claire qu'on puisse avoir. Avec un contact physique, un frisson, une chaleur, un soupir, les idées, les pensées sont aussi claires que l'eau de roche. Un mot peut être hypocrite, mal utilité. Il peut cacher des choses. Alors qu'une réaction physique est tellement instinctive que c'est le plus souvent véritable. On ne peut pas mentir quand son corps réagit. Si on a un spasme de dégout à un geste et qu'on répond que tout va bien, le corps lui, n'aura pas mentit. Alors bien sûr, parfois le corps a des réactions mécaniques qui ne sont pas réalistes sur la pensées pour deux sous, mais avec le temps, tu faisais plus confiance au corps qu'à l'esprit. A l'instinct qu'à la pensée. D'ailleurs, quand le geste est imaginé avant d'être fait, il a bien plus d'impact ...

Comme le prouve la fumée qu'il te souffle au nez. Un léger grognement t'échappe mais ton sourire s'élargit. T'as l'impression de pouvoir te voir dans ses réactions. Faire chier pour le plaisir, ça a l'air de vous correspondre. Tu n'as pas le temps de répondre à son mouvement provocant comme tu l'aurai voulu qu'il a déjà jeté la cigarette. Tu le feras la prochaine fois. Tu fais claquer un cendrier près de vous sur le sol en répondant dans un souffle, un peu amusé, un peu menaçant. " - On a des cendriers, chéri. C'pas pour les chiens. Et me sors pas l'excuse que tu les vois pas, t'as qu'à te servir de cette jolie langue pour me le demander." Très jolie langue d'ailleurs. Tu gardes ce rajout pour toi et te penche pour ramasser le mégot.

Pas ta faute si tu es légèrement maniaque à ce sujet. Pas sur la propreté, mais sur le rangement. Tu le fixes une seconde, te retenant de remettre tout son attirail de vêtement en état, un peu plus droit, le col un peu mieux, la ceinture plus droite. Ce genre de choses. Tu finis de suçoter le bonbon que tu avales tranquillement en l'écoutant. Tu fixes ses pupilles vides qu'il a pu positionner vers les tiennes. C'est étrange de fixer un regard qui ne vous répond pas. Ca donne un peu l'impression de fixer directement au fond de l'âme de quelqu'un sans pouvoir rien y voir, rien y saisir. C'est vrai que les yeux sont le reflet de la vie. T'as l'impression d'avoir en face un être qui n'est pas vivant, un peu comme un automate. Et sa peau blanchâtre n'aide pas. Sans demander la permission, alors qu'il pose ses questions, tu pinces légèrement ses pommettes. Comme justification, tu dis juste, en haussant les épaules. "C'pour te redonner des couleurs." Etrange ? Tu es étrange. C'est mieux de parler avec un être vivant qu'avec un semblant de dealeur. Un sourire de plus en plus large se dessine sur tes lèvres et tu fais doucement passer ta langue sur tes lèvres, alors que tu croises les bras sous ta poitrine, te laissant aller un peu en arrière avec un léger rire, qui ne présage rien de bon.

" - C'de naissance ouais. C'est moins une tare que toi, mais t'as l'air de bien le vivre."
Tes yeux se plissent un peu. " - Je fais semblant de bosser ici, tu fais semblant d'être un client, autant que je m'occupe de ... ton cas, non ?" Tes yeux pétillent d'une lueur joueuse, un peu trop enjouée même et tu finis par grogner, jouant à la vexée. "Et j'suis pas si jeune, t'vois. Y'a juste pas d'âge pour faire chier un max." Bon. C'est vrai que t'étais une vraie emmerdeuse, mais chut.

Tranquillement, tu le regardes mettre la feuille d'une drogue que tu ne connais pas dans sa bouche. Tu ne t'y connais pas en drogue non plus, ça doit pas aider. Tu hésites un peu. Bah, un essai ne peut pas te faire de mal, non ? Un léger soupir t'échappe avant que tu ne te lèves, claquant un peu des doigts. Non. Pas un essai aussi facilement, ça fait des années que tu résistes tu vas pas lui dire oui pour ces beaux y.. Pour ces belles lèvres. Pas tout de suite, en tout cas. Tranquillement, tu tournes le panneau sur la porte de la boutique, passant d'Open à Closed. Tu te rassois à côté de lui, bougeant la chaise pour te mettre face à lui. Ca sera plus simple. Tu le fixes une seconde avant de répondre.

" - J'ai de quoi t'occuper aussi. Mais on va un truc tous les deux. Puisque tu t'emmerdes et que j'ai du temps à perdre ... " Tu pauses un instant. " J'pense pas que tu veux me faire gouter ta drogue pour le plaisir, nan ?" Ouais, tu veux bien être un peu naive, mais y'a une limite ! Pas de problème, il doit te rester un peu de fric de la veille après tout. " On va faire un échange." Tu humidifies de nouveau tes lèvres et croque un nouveau bonbon à la menthe, avec un sourire. " J'goute à ta merde et je te la rembourse si tu peux me dire comment je suis physiquement, un peu." Tes yeux se plissent et tu souffles, plus bas, la voix suave. " - Et ... Mm.. Dans le cas inverse, tu t'arranges pour te faire tatouer, chéri ? J'ai des arguments de poids pour ça. Des arguments du genre ... Mon vrai métier. " Ca ferait plaisir à Chris si tu lui ramenais un client. Et plaisir à toi de charmer le dealeur. Ou un truc du genre. Tu lui aurai bien proposer de deviner ses points faibles en sexe mais tu veux bien être provocante et oser des choses ... Il pourrait avoir peur, le petit.

Et puis, un dealeur, c'pas naif, non ? Quand on parle d'un vrai métier avec ta voix rauque qui devient juste chaude et langoureuse, il te semble plutôt clair (quand on s'appelle pas Chris), de quel métier on se refère. Au pire, y'a toujours des moyens de le montrer, non ? Ca t'a toujours super intéresser, de voir, de comprendre, comment un aveugle pouvait décrire les personnes. Comment il les imaginait. Est-ce qu'il voyait un corps humain ? Est-ce qu'il avait la notion de beauté ? Ce genre de choses.
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MessageSujet: Re: Money can't buy happiness... | Leather
Sam 2 Mai - 20:00

Ivan aurait déjà du rentrer chez lui, à l'heure qu'il était, avec un sachet en moins et quelques billets en plus dans ses poches, mais il se dit que la tournure qu'avaient prit les événements n'était pas si déplaisante. Il se dit qu'il n'était plus si pressé finalement, calé dans la chaise, il ne voyait pas de raisons de partir en courant. Ce n'était pas comme si il avait de nombreux rendez-vous, après tout... Même si certaines remarques de l'inconnue ne lui plaisait pas particulièrement, ce n'était pas une si mauvaise compagnie. Ça avait le mérite de changer du silence assourdissant de l'appartement où il allait retourner, où seuls les pleurs des voisines battues mêlées de gémissements de plaisir ou de douleur se faisaient entendre à travers les murs plus fins qu'une feuille de calque. Plus il y pensait, plus il avait envie de se trouver loin de son taudis, très loin, quitte à courrir jusqu'à l'Eden. Mais même ce quartier faussement propre - avec plus de moyens pour cacher ses déchets - se révélait détestable.

Perdu dans ses pensées, se laissant lentement divaguer en pensant à la décharge qu'était la ville, le bruit du cendrier claquant sur le sol manqua de le faire sursauter. C'est sûr qu'il ne s'attendait pas à ça, ni au semi reproche qui suivit, arrachant au fumeur malpoli un autre rire. Il ne peut s'empêcher de hausser les épaules en répondant :

« - Pas ma faute si j'aime te voir ramasser mes mégots, mon chou, fit-il avec un air toujours aussi moqueur.  »

Le rangement et la propreté n'avaient jamais été sa priorité, et ne le seraient jamais, après tout. Il se disait souvent qu'il était trop tard pour système mettre. À vrai dire, la seule motivation le poussant à se laver régulièrement était de ne pas faire fuir le clients riches ne voulant pas payer des chiens galeux pour de la came, et ça s'arrêtait là.

Seconde surprise de la journée - je vais finir par devenir cardiaque avec ces conneries - alors que des mains se posent sur ses joues pour les pincer et se retirer aussi vite qu'elles ne sont apparues, ne laissant qu'une trace fugace et disparaissant déjà de la chaleur émanant de la peau douce qui entoure ses doigts frêles, indice sur la carrure de la détentrice de ces doigts ? Cette fois-ci, impossible de le cacher, il a sursauté. Wow, ok, nan. L'albinos savait que c'était un geste à la hauteur de ses provocations précédentes, mais... non, ça frôlait les limites, ce contact sans permission. Ses émotions se peignent sur son visage en une expression de surprise, un rictus de déplaisir. Se faire toucher n'était pas quelque chose qu'il appréciait en général, alors sans même être prévenu... C'était déjà arrivé, évidemment, mais avec des gens qu'il connaissait bien mieux que cette hôtesse d'accueil pour un salon de tatouage dans un local miteux.
Il préféra oublier ça et se concentrer sur les réponses à ses questions, en détournant son attention avec la feuille qu'il venait de poser sur sa langue, en rajoutant une autre. Après quelques secondes seulement à les mâcher, il sentit le goût si particulier du khat, amer, envahissant ses papilles gustatives; il avait encore plusieurs minutes avant de sentir l'euphorie caractéristique et l'augmentation des sens que provoquait la plante.

Le dealer retrouve son sourire en entendant son interlocutrice. Il l'entend ensuite se lever puis se rasseoir quelques instants après, mais maintenant en face de lui. Il écoute attentivement ce qu'elle a aussi dire, se disant qu'en général, c'était souvent plutôt amusant.

La ghoul ne fut pas déçue, la mention de la gratuité la faisant ricaner un instant. Elle a bien les pieds sur terre, la gamine. C'était en même temps une qualité presque obligatoire si on voulait survivre en débitant tout ce qu'elle disait la tête haute. Il se doutait bien qu'elle avait du vite apprendre à être très débrouillarde pour continuer de dire ses piques en visant les points sensibles. Il avait connu bien moins tolérant que lui lorsqu'il traînait encore avec le groupe des ghouls ratées qui s'entraidaient. Sans parler de tous les piliers de comptoir lambdas qui traînaient dans les bars du quartier... Une belle brochette de types susceptibles à souhait qui détestent les gens faisant ce genre de remarque. De quoi faire un barbecue pour toute une famille, à ce niveau là. C'était même remarquable d'être une telle emmerdeuse par les temps qui courent, à vrai dire.
Ivan écoute le deal qu'elle lui propose, l'entendant d'abord sourire, puis un changement de ton pour quelque chose de plus bas, plus profond. Plus sexy. Il sourit à son tour et se penche en avant, laissant ses bras reposer contre ses genoux, ses mains entremêlées.

« - Oh, et je suis sûr que tu as même deux arguments de poids au fond de ton décolleté, mon chou, finit-il par dire avec amusement, avant de redevenir plus sérieux. Je doute être convaincu par ce que tu insinue, mais ta proposition me va. »

Il récupère deux feuilles encore dans le sachet et les serre entre ses dents avant de ranger ledit sachet dans son manteau et de s'approcher, sentant avec la sensibilité augmentée qu'à une ghoul la chaleur émanant de l'inconnue un peu trop curieuse et les battements étouffés de son coeur. Il l'entend aussi respirer, assez proche pour sentir son souffle s'échapper doucement de ses lèvres. Ses lèvres, qu'il caresse doucement de ses pouces alors que ses mains se posent sur ses joues, estimant la différence de température entre les deux corps. Il laisse son pouce droit s'attarder un instant sur ses lèvres qu'il découvre charnues et pulpeuses, le genre à inviter à être embrassées, appuyant légèrement vers le bas pour l'inciter à entrouvrir la bouche, se rapprochant assez pour déposer les feuilles sur sa langue dont il devine plus qu'il goûte la saveur délicieusement sucrée, s'arrêtant une seconde avec de sentir le contact entre leurs lèvres.
Il parle dans un souffle, d'une voix plus grave aussi, en souriant :

« - Mâche moi ça chérie, et tu me suppliera d'accepter ton argent. Je te préviens, mes prix ne sont pas donnés... »

Il rit à nouveau et croise les bras, appuyant son dos contre le dossier de la chaise, avec un sourire de conquérant. Avec un numéro si travaillé, il espérait bien obtenir une contrepartie à la hauteur.
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